Entraide communautaire

Il est d’une extrême importance de choisir judicieusement la communauté à laquelle on désire adhérer. Les vieilles communautés n’ont pas toutes nécessairement ce qu’il faut pour créer un foyer nourricier qui soit à la mesure de nos besoins religieux. Il existe de nombreuses communautés auxquelles nous pouvons adhérer dans la mesure où nous sommes prêts à faire semblant de croire au comportement des autres, aussi longtemps que nous acceptons d’ignorer le fait que l’on est agnostique ou humaniste, gai ou lesbienne. Ce n’est pas aussi facile de trouver une communauté où l’accueil soit vrai et authentique. Une communauté qui fait des efforts constants pour rendre l’adhésion plus inclusive, pour permettre aux gens de s’y intégrer totalement et dans le respect de ce qu’ils sont. C’est vraiment à partir de ce premier ingrédient que la communauté peut exister. Et c’est là-dessus que reposent la valeur et la richesse de la communauté unitarienne-universaliste, notre volonté ferme de mettre l’inclusion au sommet de nos priorités.

Le partage des valeurs

La communauté saine et à part entière proclame la vie et affirme sa responsabilité à l’égard de toutes les valeurs qui l’entourent. Une telle communauté ne forcera personne à penser de la même manière, ce qui serait d’ailleurs impossible et ennuyeux. Elle ne prétend même pas connaître toutes les réponses ou les solutions pour mieux implanter nos valeurs dans le milieu. Et pourtant, nous sommes solidaires, parce que nous partageons des préoccupations communes.

Le don de soi et de ce que l’on possède

La communauté tire également sa valeur du fait qu’elle nous incite à éviter la pingrerie. Il arrive si souvent que la vie nous pousse à vivre dans un sentiment de rareté et d’insécurité. Attention de trop partager, semble-t-on nous dire, de peur de manquer du nécessaire. Une communauté digne de ce nom nous apprend à ouvrir nos mains et nos coeurs et à partager, sachant très bien qu’il y en aura toujours pour tout le monde. Participer à la vie de la communauté, cela veut dire donner et encore donner, gardant présente à l’esprit la parabole de la multiplication des pains, parce que l’abondance est toujours du côté de celui qui donne.

Un lieu d’apprentissage

La communauté digne de ce nom doit aussi enseigner. C’est un lieu qui nous apprend à agrandir nos horizons et à combattre nos préjugés.

Un prélude à la révolution

Ce qui fait la richesse de la communauté, c’est qu’elle encourage la révolution, contre l’injustice, par exemple. Elle nous pousse à être des inadaptés refusant de se soumettre à une société qui considère l’injustice, les préjugés et l’étroitesse d’esprit comme des choses normales. La communauté a pour mission de nous garder honnêtes et éveillés, de nous empêcher de détourner les yeux devant les malheurs du monde – c’est si tentant de nos jours. Elle nous met en présence de camarades qui partagent notre recherche d’intégrité en nous incitant à résister à un monde qui voudrait nous changer pour le pire, même si nous savons que certaines choses ne peuvent être changées. Comme l’a déjà dit l’évêque Robinson, le vrai radical est « celui qui se sent si intérieurement sûr de lui qu’il n’hésite pas à transgresser les tabous et à écraser les barrières qui divisent ».

Rassembler, guérir, nourrir et inspirer

Notre communauté unitarienne universaliste est rassembleuse, guérisseuse, nourricière et source d’inspiration. Elle n’arrivera pas toujours à nous guérir de notre solitude, car elle n’est pas là pour nous divertir ou pour nous donner un faux sentiment de solidarité. Mais elle n’a pas sa pareille pour nous soulager lorsque, accablés par le quotidien, nous ressentons le besoin de raviver l’étincelle en partageant la solitude et l’amitié d’un autre.

Célébration et rituel

La communauté est également le lieu du rituel et de la célébration. C’est un aspect qui a pour nous une grande importance. Ici, on peut rire, pleurer ensemble et s’abreuver de solidarité à l’occasion. On y côtoie des amis avec qui on peut être en désaccord et même se disputer mais où l’on aboutit toujours à la réconciliation. C’est un lieu où l’on se ressent de votre absence quand vous n’y êtes pas et où les paroles de consolation viennent embellir vos journées même quand elles sont rayonnantes. On y trouve des amis qui viennent vous visiter quand vous êtes souffrant, et même quand vous ne l’êtes pas. Qui respectent votre solitude les jours où vous n’avez le goût de voir personne. C’est dans une telle communauté qu’on trouve ces bras secourables prêts à se tendre vers vous quand vient le moment de quitter la vie.

Un point d’ancrage

Lorsque notre vie, coupée de ses racines, nous semble vide de sens, la communauté unitarienne universaliste est là pour nous fournir un point d’ancrage. Dans ce lieu où souvenirs et avenir cohabitent, où verre et acier font bon ménage, nous décorons nos murs et nos plafonds avec des histoires où viennent se mêler rires, larmes, espoir, paix et amitié. La communauté consolide nos racines. C’est un port d’attache.

Une saine administration

C’est peut-être moins fascinant comme aspect, mais une communauté digne de ce nom se doit d’être sainement administrée. Cela suppose des réunions démocratiquement menées, un partage des pouvoirs ainsi que des salles de bain bien entretenues. C’est un endroit où chacun prend soin de lui-même. Il faut nourrir et supporter cette institution. À défaut, c'en sera fait du cadre qui protège notre liberté et notre besoin d’aimer se verra privé de son point d’appui

Le sens du mystère

La communauté doit être ouverte au mystère. Non seulement au mystère et à la beauté qui se trouvent en chacun de nous mais également aux mystères de la vie, de la mort et de l’univers. La communauté nous incite à explorer le sol sacré de notre être et de l’être lui-même, quel que soit le nom que chacun veut bien lui donner. La communauté est un lieu où l’on cherche la vérité et où l’on dit la vérité.

« La seule alternative à la hiérarchie, à la soumission et à l’obéissance aveugle, c’est la passion de la liberté et la foi en une communauté véritablement soucieuse d’égalité, où chaque membre est reconnu comme une source possible de vérité et de signification et où cette vérité et cette signification sont en perpétuelle mutation, constamment à découvrir, toujours ouvertes, tournées vers l’avant, vers l’avenir, jamais définitives. » (Peter Marin, In the Company of Others, p. 163)

(L'ancien pasteur de l’Église unitarienne de Montréal, le révérend Raymond Drennan dans une homélie intitulée « Qu’est-ce qu’une communauté spirituelle? »

Le but de l’éducation religieuse

Personne mieux que William Ellery Channing, célèbre pasteur unitarien du 19 ième siècle, n’a su décrire les objectifs généraux de nos programmes d’éducation religieuse.

Le but ultime de l’éducation religieuse consiste non pas à imprégner l’enfant de ce que nous croyons mais plutôt de lui permettre d’acquérir ses propres convictions; non pas de lui faire percevoir les choses telles que nous les voyons, mais de miser sur sa curiosité afin qu’il les regarde avec ses propres yeux; non pas à lui imposer la religion sous la forme de règles arbitraires qui s’appuient exclusivement sur ce que nous prétendons et souhaitons mais plutôt à faire appel à son discernement moral de façon à ce qu’il puisse découvrir par lui-même ce qui, de tout temps, est juste et bon.