V7N2 Tribune libre unitarienne vol.7 no. 2. 2011, numéro consacré à la droite religieuse.

Le gouvernement «Harper» : théocratie et fascisme en complet-cravate par Maurice Cabana-Proulx

Primitivo : Il n’y a pas beaucoup de fascistes dans votre pays ?

Robert Jordan : Il y en a beaucoup qui ne savent pas qu’ils sont fascistes,

mais qui le découvriront le moment venu.

Ernest Hemingway, Pour qui sonne le glas (1)

L’Ur-fascisme est toujours parmi nous, parfois passant inaperçu, dans ses habits de civil. Ce serait tellement plus simple pour nous si quelqu’un apparaissait sur la scène mondiale en disant : « Je veux rouvrir Auschwitz, je veux que les chemises noires paradent de nouveau sur les places italiennes ». La vie n’est pas aussi simple.

L’Ur-fascisme peut revenir sous les apparences les plus innocentes. Notre devoir est de le débusquer et d’identifier toutes ses nouvelles manifestations

Umberto Eco,  Fascisme éternel : 14 façons d’examiner une chemise noire (2)

Le gouvernement «Harper», gouvernement autoritaire

Le Canada est une monarchie constitutionnelle, doté d’un Parlement où les pouvoirs législatifs, exécutifs et, dans une certaine mesure, judiciaires, sont concentrés dans les mains du premier ministre. Le représentant de la Couronne, le Gouverneur général, n’exerce qu’une fonction symbolique. Les dates d’élections, n’étant pas fixes, sont elles aussi contrôlées par le premier ministre. C’est en somme un système qui n’accorde qu’un minimum de démocratie lorsque les gens au pouvoir ont un minimum de bonne foi et respectent les droits de l’opposition. Or le Canada est présentement dirigé par un homme qui n’est pas de bonne foi et qui n’a manifestement aucun respect pour ceux et celles qui ne lui obéissent pas au doigt et à l’œil.  Pour que ça soit clair pour tous, dans les missives officielles on ne dit même plus «gouvernement canadien», on dit maintenant «gouvernement Harper». (3)

Il y a suffisamment de voix qui s’élèvent contre les abus de Stephen Harper pour que l’on doive conclure qu’il y a péril en la demeure. Jamais, dans toute l’histoire parlementaire canadienne, n’y a-t-il eu un contrôle aussi serré autant de l’appareil législatif que de l’ensemble de la fonction publique. Tout ce que disent les ministres et les fonctionnaires est désormais filtré par les sbires du BPM (Bureau du premier ministre). Les rares têtes fortes qui ne respectent pas la consigne ne tardent pas à tomber. (4)

Triste première dans les annales parlementaires canadiennes, le dernier gouvernement minoritaire Harper fut chassé du pouvoir par une motion de censure le déclarant coupable d’outrage au Parlement. (5) Revenu au pouvoir avec un gouvernement majoritaire, Harper a depuis donné libre cours à son mépris pour le Parlement : recours abusif aux motions dites d’attribution de temps (pour clore les débats), travaux de comités à huis clos, refus d’amendements provenant de l’opposition ou des gouvernements provinciaux, etc. (6)

Cette attitude de Harper à l’endroit de l’institution parlementaire n’est qu’un sous-produit de son mépris larvé pour la démocratie tout court. Une faille importante du système électoral canadien est le mode uninominal de scrutin qui permet l’élection des députés avec une très faible «majorité relative». Ce système dans un contexte de faible taux de participation des électeurs a permis à Harper de prendre le pouvoir même si à peine le quart des électeurs lui avaient donné leur appui (il a reçu 39 % des voix exprimées). Les changements que son gouvernement propose à la carte électorale laissent entrevoir que l’on veut continuer à exploiter les aberrations du système au lieu d’instaurer les réformes démocratiques déjà promises par le Parti réformiste du Canada  bien avant que celui-ci ait mis la main sur le parti Progressiste conservateur. Il y quelques anciens de l’époque du Parti réformiste qui rouspètent un peu, mais ce ne sont que des ingénus qui n’ont pas compris que le discours populiste n’était qu’un paravent masquant les vraies visées de la droite.

Maints journalistes et politicologues dénoncent les abus du régime Harper; on parle volontiers d’un gouvernement autoritaire, de la mainmise du BPM sur tout, voire du narcissisme de Harper. On craint que «Pour la démocratie, il y a là danger.» (7); je crains qu’il y ait là litote.

Le facteur Armageddon (8)

Si les aspects démocratiques du discours populiste de l’ancien «Reform» (ex. un Sénat élu) sont renvoyés aux calendes grecques, les aspects réactionnaires prennent de plus en plus forme. Avant de «fusionner» avec le parti Progressiste conservateur, l’ Alliance réformiste conservatrice canadienne (anciennement Parti réformiste) avait déjà fait le plein des effectifs de la plupart des groupuscules de droite sans pouvoir exclure complètement les éléments d’extrême-droite et racistes (notamment les francophobes). (9) Suivant le modèle développé par la droite républicaine aux États-Unis, la nouvelle formation conservatrice voulait ratisser large et a courtisé avec succès des mécontents dont la vision politique se limitait à une seule marotte (anti-avortement, anti-registre des armes, anti-égalité d’accès au mariage, etc.). Bien qu’affublé d’un euphémisme plutôt mignon de «conservatisme social», il s’agit en fait d’un ramassis d’idées rétrogrades, certaines plus dangereuses que les autres.

Parmi les idées les plus dangereuses, il y a celles des fanatiques de la droite religieuse qu’on appelle «nationalistes chrétiens» ou «dominionistes» qui veulent très précisément transformer le Canada en théocratie chrétienne. Il y ensuite ceux, un peu moins totalitaires, qui se contenteraient d’imposer des lois d’inspiration «chrétienne» à leurs concitoyens. (10) Les uns et les autres ont jeté leur dévolu sur Stephen Harper. À titre d’exemple, on sait que les candidats du Christian Heritage Party récoltaient 3.56 % du vote en 1988, l.32 % l’année où Harper a formé son premier gouvernement minoritaire et un maigre 0.94 % en 2011, l’année où il a obtenu sa majorité. (11)

Les chrétiens de droite et d’extrême-droite se retrouvent dans une formation politique où leurs lubies doivent rivaliser avec tant d’autres, mais les stratèges de Harper ont trouvé les points communs qui permettent aux intégristes de plusieurs religions de cohabiter. Tous s’opposent au droit des femmes de disposer de leur propre corps. L’adoption de la loi d’égalité d’accès au mariage a déclenché un tsunami d’homophobie. Aussi, les obsessions religieuses ne sont qu’une partie des préjugés qui font bon ménage dans le camp Harper. Par exemple, quand la francophobe Confederation of Regions a rendu l’âme en 2002, plusieurs de ses membres ont adhéré au Parti réformiste. Tous ces gens voient en Harper leur sauveur.

À la manière américaine, on a joué sur les peurs et les griefs populaires et on a fait passer les intérêts de la ploutocratie derrière un écran de fumée populiste. Aux États-Unis, on a réussi à faire croire au péquenaud que le richissime George W. Bush était un gars comme lui, mais on a fait très peu pour éliminer les irritants de sa vie : les impôts des riches ont continué à baisser, mais Roe vs Wade n’a pas été renversé (12).  Au Canada par contre, tout indique que Harper a l’intention de mettre en pratique son «conservatisme social» et qu’il va tranquillement transformer les paysages politique et social du pays; il a tout simplement demandé aux extrémistes, religieux et autres, de s’armer de patience (13). Il ne ménage pas ses efforts pour rassurer la droite religieuse, lui adressant la parole dans son jargon d’illuminé. (14)

Kinder, Küche und Kirche (15)

Les droits des femmes furent parmi les premières cibles de l’offensive gradualiste de Harper; déjà sous ses gouvernements minoritaires, il y avait «nombre de signaux sans équivoque et inquiétants».  (16)

Les groupes de femmes qui avaient une feuille de route ou une perspective qui déplaisait à Harper ont vu leurs octrois fédéraux réduits ou complètement éliminés. Les mécanismes et organismes du gouvernement fédéral utiles au mouvement des femmes furent abolis ou muselés (ex. le programme de contestation judiciaire a disparu, le mandat de promotion d’égalité fut enlevé à Condition féminine Canada, etc.). Malgré les protestations de toutes parts, y compris de la secrétaire d'État américaine Hilary Clinton, le gouvernement Harper a décidé d'exclure l'avortement de l'initiative canadienne sur la santé maternelle et infantile à l'étranger. Des faux-fuyants, l’un plus pitoyable que l’autre, furent invoqués par les porte-parole de Harper pour justifier toutes ces mesures manifestement inspirées de l’idéologie de droite. (17)

Ce travail de sape contre le mouvement des femmes vise à réduire sa capacité de résister à l’offensive misogyne du «conservatisme social». Le gouvernement Harper a abandonné le programme national de garderies disant préférer donner une somme d’argent aux familles pour les aider à payer les services de garde de leur choix. Dans un contexte de pénurie grave de services de garderies, le sabordage conservateur allait concrètement obliger plusieurs femmes à rester à la maison, occupant ainsi le rôle auquel le «conservatisme social» voudrait les confiner. (18)

«Vous auriez dû rester chez vous» (19)

Harper sait qu’il n’a pas l’appui de la majorité des Canadiens, mais il sait qu’il peut s’en passer. Il pourra peut-être imposer sa vision du monde en cultivant «l’indifférence des citoyens à l’égard de la chose publique» (20) et nous amener, plus ou moins conscients, plus ou moins consentants, au meilleur des mondes (21). Il peut certainement compter sur l’indifférence de certains membres de son caucus qui savent pertinemment que leur chef veut la disparition d’un Canada laïc et tolérant, mais qui ne laisseront pas une vétille comme la démocratie passer avant leur accès à l’assiette au beurre. Il peut évidemment compter sur l’appui indéfectible des intégristes religieux, chrétiens et autres.

Grâce à l’indifférence des inconscients et la démobilisation des opposants, le régime de Harper fait l’économie des mesures répressives. Il peut toutefois se montrer énergique lorsque les opposants grouillent un peu. Les arrestations arbitraires massives lors du G8-G20 à Toronto révèlent combien facilement on peut balayer les droits civiques des gens. La quasi-totalité des manifestants arrêtés a été relâchée sans faire face à des accusations parce qu’on n’avait strictement rien à leur reprocher. Ces arrestations préventives massives sont une mesure qui démontre que ce fascisme en complet-cravate est fin prêt à se salir les mains au besoin.

Les ennemis de la liberté doivent toujours exploiter ou même créer une menace pour justifier leurs mesures répressives. Depuis la fin de la guerre froide, il a fallu attendre la guerre contre le terrorisme pour avoir un épouvantail efficace à brandir. Outre les rares cas de vrais terroristes, il y plusieurs présumés terroristes qui font les frais de cette tactique. Au mépris du droit fondamental « habeas corpus », le gouvernement Harper continue la politique, commencée (par les «libéraux») dans l’hystérie qui a suivi les attentats du 11 septembre, d’emprisonnement indéfini de présumés terroristes justifié par des preuves secrètes. (22)

Conclusion provisoire

On a souvent invoqué le danger de galvauder le terme «fascisme». Il est vrai qu’on l’a parfois brandi un peu trop facilement, polémique oblige. L’invoquer dans le contexte canadien pourrait même créer un malaise parmi les nombreux opposants aux abus de Harper. Fascisme? Invoquant des preuves secrètes, on refuse déjà le droit ancien d’habeas corpus. On a procédé à des arrestations préventives massives de manifestants pacifiques. Au moment d’écrire ces lignes, j’entends quelques rares voix courageuses s’opposer à un projet de loi qui autoriserait des perquisitions électroniques sans mandat. Qui fait construire de plus en plus de prisons dans un pays où le taux de criminalité est à la baisse?

Pour ma part, je crois comme James Madison «qu’il y plus de cas d’abrogation de la liberté des peuples par des empiètements graduels et silencieux de la part des dirigeants que par des usurpations brusques et violentes» (23). Je crois donc que Stephen Harper est un homme dangereux parce que c’est un caudillo de cabinet, qui mène son programme gradualiste avec ses hommes de main au BPM au mépris des institutions démocratiques du pays. Contrairement aux leaders fascistes classiques, il est dépourvu de charisme, mais contrairement au fascisme classique, le fascisme en complet-cravate ne cherche pas à mobiliser les masses (on veut des consommateurs bien sages rivés à leur écran de télévision : «Vous auriez dû rester chez vous!»). On ne peut pas savoir si cet homme qui fréquente une église évangélique (24) partage entièrement toutes les visées rétrogrades du «conservatisme social», mais on peut conclure qu’il est l’homme de la ploutocratie (du 1 % dit-on ces jours-ci) et que son discours populiste est de la foutaise.

Références

(1) Hemingway, Ernest, Pour qui sonne le glas, Gallimard (Folio), Paris : 1961

Traduit de l’anglais par Denise Van Moppès. p. 232.

(2) Eco, Umberto, «Eternal Fascism: Fourteen Ways of Looking at a Blackshirt», New York Review of Books, Jeudi 22 juin 1995, p.15, version française: http://www.futurquantique.org/2007/08/23/flashback-fascisme-eternel-14-facons-dexaminer-une-chemise-noire/.

(3) Du ministère de Finances, le 19 décembre 2011 «Le gouvernement Harper annonce d’importants nouveaux investissements dans les soins de santé». De Patrimoine canadien, le 11 décembre 2011 «Le gouvernement Harper appuie les Éditions des Plaines», etc.

(4) Pour un bilan des abus de Harper avant l’obtention de son gouvernement majoritaire, voire Martin, Lawrence, Harperland : The Politics of Control, Viking Canada, Toronto:2010.

(5) Bourgault-Côté,  Guillaume, «Le glas a sonné: Le gouvernement conservateur devient le premier de l'histoire canadienne à tomber pour outrage au Parlement», Le Devoir, 26 mars 2011  Canada

Buzzetti, Hélène, «Coupable de mépris du Parlement: Pour la troisième fois en un an, le gouvernement Harper est déclaré coupable d'avoir brimé les privilèges des parlementaires»,  Le Devoir, 10 mars 2011. 

(6) Burzetti, Hélène, «Ottawa - La démocratie à la Harper: Le gouvernement dirige le pays comme si c'était son fief», Le Devoir 17 décembre 2011.

(7) Boileau, Josée, «Gouvernement Harper – Incontrôlable», Le Devoir, 15 décembre 2011.

(8) Du titre du livre de Marcy McDonald. (McDonald, Marcy, Le facteur Armageddon:La montée de la droite chrétienne au Canada, Stanké, 2011 traduction de McDonald, Marcy, The Armageddon Factor : The rise of christian nationalism in Canada, Random House Canada, Toronto:2010.

(9) Preston Manning avait quand même réussi à écarter de sa formation des militants ou sympathisants néo-nazis. http://en.wikipedia.org/wiki/Paul_Fromm_(activist)

(10) Marci McDonald a repertorié plusieurs groupe en décrivant très bien les nuances idéologiques. MacDonald, op cit.

Puisqu’au Canada plusieurs groupes religieux de droite ont des liens étroits avec des sectes religieuses américaines, quand ils ne sont pas carrément des succursales, ça vaut la peine de lire les études américaines que nous avons répertoriées dans l’article  Bibliographie annotée: Démocratie en péril

(11) Les Canadian Heritage Party nous assure, depuis son site web unilingue anglophone, ne pas vouloir imposer quoi que ce soit à qui que ce soit http://www.chp.ca/party/about/

(12) La decision dans le cas Roe vs Wade a reconnu aux femmes le droit de disposer de leur propre corps. Pour une analyse de l’exploitation cynique par les riches Républicains des préjugés des pauvres voir Frank, Thomas, What’s the Matter with Kansas? Holt Paperback, New York:2004.

Pour mieux comprendre comment les militants républicains opèrent dans les milieux populaires voir Bageant, Joe, Deer Hunting with Jesus: Dispatches from America’s Class War, Crown Publisers, New York:2007.

(13) À cet égard, les partisans et les opposants de Harper se réfèrent au discours «Civitas» lors duquel Harper à demandé à la droite religieuse de s’armer de patience parce que la transformation des lois et moeurs canadiennes allait être un travail de longue haleine.

Mackey, Lloyd, The Pilgrimage of Stephen Harper, ECW Press, Toronto :2005, pp. 137-140

.«…Harper avait prévenu que la stratégie de renforcement du parti allait exiger de la patience et une acceptation d’un «changement progressif»… McDonald, op. cit. p. 41.

(14) Peut-être même en « messages codés». Marci McDonald raconte un incident que plusieurs ont jugé révélateur. Op. cit. p. 41

(15) Kinder, Küche und Kirche: Préjugé rétrograde sur le rôle des femmes: l'éducation des enfants, cuisiner pour la famille, selon les préceptes et la morale séculaire de l'Église. La notion est attribuée au Kaiser Guillaume II, mais a été développée énergiquement sous le IIIe Reich.

(16) Chouinard, Marie-Andrée, « Droits des femmes - La gueule du loup », Le Devoir,  6 mai 2010. 

(17) La palme de la dénonciation de la misogynie harperienne revient aux chroniqueuses du journal Le Devoir:

Chouinard, ibid.

Cornellier, Manon, «Refuser le silence», Le Devoir, 5 mai 2010.

Buzzetti,  Hélène, « Ottawa prive d'aide 12 groupes de femmes: Ils ont critiqué le gouvernement Harper à propos de l'avortement », Le Devoir, 5 mai 2010   

(18) Cauchy, Clairandrée, « Garderies: Harper préfère envoyer un chèque aux parents»,   Le Devoir, 6 décembre 2005. 

et

Syndicat canadien de la Fonction publique, «Services de garde: une «E» pour Harper»

le 6 février 2009, http://scfp.ca/garde-a-l-enfance/notes-stephen-harper-garde-a-l-enfance

(19) Ce que l’on a dit à plusieurs des manifestants pacifiques arrêtés sans motif lors des manifestations contre le G8-G20 à Toronto.

(20) Nadeau, Christian, Contre Harper : Bref traité philosophique sur la révolution conservatrice, Boréal, 2010, p. 157.

(21) Selon Neil Postman, la société de consommation, dont le premier objectif est le divertissement, se prépare pour une société totalitaire comme celle qu’a dépeinte Aldous Huxley dans Le Meilleur des mondes (Brave New World). Voir Postman, Neil, Se distraire à en mourir, Flammarion, 1986 (version française de Amusing Ourselves to Death, Viking/Penguin)

(22) Nous avons discuté de ce grave problème dans un numéro antérieur de TLU :

 http://www.uuqc.ca/Tribune%20Libre/V4N1/habeas_corpus.htm

(23) James Madison, Virginia Ratification Debates

(24) selon Lloyd Mackey (op cit. p. 67), Stephen Harper fréquente East Gate Alliance Church à Ottawa.

V7N2 Tribune libre unitarienne vol.7 no. 2. 2011, numéro consacré à la droite religieuse.