Tribune libre unitarienne V3N2

UNE THÉOLOGIE DE L’ÉCOLOGIE : UNE CONVERSION DE L’UUisme À L’ÉCOLOGIE, par Katheline Jesch  

(Katherine Jesch est pasteur unitarienne. Elle a donné cette allocution à la Paint Branch UU Church, le 3 février, 2003, lors du "Enrichment Hour presentation", traduction française de tribune libre unitarienne).  

Thomas Starr King découvrit beauté calme dans la nature de la vallée Yosemite, en Californie. En entrant dans cette vallée, on dit que Thomas Starr King déclara « La neuvième symphonie de Beethoven est le Yosemite de la musique! Divin est le granit et le Yosemite en est le prophète! ». Or, si êtes allé à Yosemite, vous voyez ce qu'il veut dire! Aujourd'hui un des pics de granit du parc Yosemite porte son nom, Mont Starr King. Une rue porte aussi son nom à San Francisco: la rue Starr King. Celle-ci longe le pâté de maisons où est située la société unitarienne de San Francisco. Cette grande ville cosmopolite reconnaît l’œuvre de Starr King comme orateur dans le paysage politique californien et comme tribun de la justice sociale. Sa ferveur religieuse transparaissait  toujours dans ses opinions politiques; il se tournait toujours vers la nature pour chercher son inspiration. 

J'ai commencé avec cette description de Thomas Starr King pour mieux mettre en relief les éléments qui définissent ma propre théologie: un amalgame d'éléments naturels vivifiants et d’éléments religieux imprégnés d'activisme social. Aujourd'hui, bien sûr, on est plus conscient qu’au temps de Thomas Starr King de la complexité de la nature et des relations entre la culture humaine et les systèmes de la terre.

Il n’est plus possible de voir la justice envers les humains sans considérer la protection des écosystèmes. Outre sa symphonie de beauté et de calme, la nature, convient-on, est donneuse de quelque chose de plus. Ultimo, on dépend d'elle pour notre survie, autant les riches que les pauvres.

Ce matin, j’ai voulu partager avec vous d'où je viens et ce que je crois -bref ma théologie de l'écologie- car cela est la pierre angulaire de la clé de la spiritualité de l'environnement que j’essaie de créer. D’ailleurs, je veux vous encourager tous et toutes à réfléchir à votre propre théologie, à développer vos propres convictions pour voir au mieux-être de la terre.

Avant mes études pour devenir pasteur, en 1997, je travaillais au Service forestier dans le bureau de planification stratégique, ici à Washington, DC.  Mais, après 20 ans, j’ai commencé à remettre ma carrière en question. On peut penser que j'ai eu du mal à passer le cap de la cinquantaine, chose courante à cet âge, mais c'était plus que cela. En fait, je traversais une période de doute concernant ma place dans l'ordre des choses; un vague sentiment d'avoir été détournée du sens véritable de ma vie me tenaillait. Par bonheur, je venais de faire la découverte de l'universalisme unitarien.

J'ai pris part à l'atelier Rise Up and Call Her Name qui proposait de faire un tour d'horizon sur l'histoire des cultes de la Terre-mère (1), pour aussitôt me rendre compte que cette spiritualité ancienne touchait une corde sensible chez moi.  Ce printemps-là, je me suis lancé dans une course folle pour introduire le labyrinthe dans mon église à Arlington. En même temps, j'ai pris la présidence de la section des Services religieux. Je me suis donc vu mêlée intimement à la vie religieuse de mon église. Avec ces activités, je me suis sentie rafraîchie, poussée par une soif spirituelle dont j'ignorais chez moi l'existence.

Mon intégration à la vie de l’église unitarienne, à ce moment-là, réveilla en moi en quelque sorte mon aspiration occultée de devenir Sœur, inculquée par mon éducation catholique. Pour tâter le terrain, j’ai décidé de  suivre un cours au Séminaire Wesley, à Washington. J'ai choisi le cours "d'éthique chrétienne de l'écologie"(2). Et, à ma grande stupéfaction, les relations entre l'éthique écologique et le culte de la Terre-mère que je découvrais me firent  prendre conscience que ma fougue pour m’occuper du mieux-être de la terre était pour moi, en fait, le signe de ma vocation spirituelle comme pasteur.

Au fur et à mesure de mes études en réponse à cet appel intérieur, ma théologie s'est approfondie et précisée. Ce que je sais de la Réalité, c'est que tout est relié à tout le reste. Aussi, pour moi, Dieu est le reflet de cette réalité-là. Je ne vois pas Dieu comme une personne, un personnage, un individu qui serait « là-bas, en quelque part ». Dieu n'a pas donné naissance à la création. La séparation, la transcendance, la hiérarchie n’ont rien à voir avec Dieu; mais, l'interdépendance, la coopération et les relations relèvent de Lui. 

Le coeur de ma théologie est l'éco-féminisme, qui découle expressément de cette compréhension de la Réalité. Cette conception a éclos chez moi d'abord sous l'influence de la philosophie des années 1980. À l'époque, j'étais ravie d’être tombée sur une philosophie qui pouvait relier, dans une vision cohérente du monde, mon attachement profond à l'environnement et ma nouvelle perspective féministe.

Mon souci de l'environnement, en fait, s'alimentait à une source qui faisait fi du sacré dans nos liens les uns avec les autres, et la terre. Il se passa encore une autre décennie avant que Gaia and God me tombât entre les mains (3). Ce livre prophétique de Rosemary Radford Reuther reliait la religion et la spiritualité à l’éco-féminisme, de sorte que ce que je lisais interpellait mon cœur, pas seulement ma tête. Et cela est important, je crois....de comprendre avec son coeur, pas seulement avec sa tête. La spiritualité à la base de l’éco-féminisme reconnaît notre relation avec la réalité dans son ensemble, hors de nous-mêmes. Cette réalité va au-delà des incidences économiques de prendre soin -ou ne pas prendre soin-de la terre. Et cette théologie va au-delà des définitions spécifiques de Dieu.

Tel la théologie, l'éco-féminisme puise à diverses sources: la condition des femmes opprimées, de leurs familles, de leurs communautés; les traditions amérindiennes et la mythologie grecque; le culte des divinités féminines, les diverses formes de féminisme, de socialisme et les analyses postmodernes. La notion qui donne le coup d’envoi à l’éco-féminisme est que l'oppression des femmes, de certains groupes ethniques et d'autres groupes sans pouvoir dans la société, est en rapport, reliée et en synergie avec la destruction de la nature.

Même lors de leurs célébrations de la beauté et du lacis de la nature, les groupes environnementaux ont tendance à ignorer la dimension spirituelle. Mais, par la force des choses, je suis d'accord avec Carol Christ qui croit que l'écologie fait présentement face à une crise qui est avant tout d’origine spirituelle, pas seulement d’origine sociale, politique, économique et technologique.

Ma théologie est étayée sur l'éco-féminisme au plan philosophique et sur le septième principe au plan éthique. Pour moi, le caractère interdépendant de toutes les formes d'existence évoque la vue d'une toile d'araignée, les fils se reliant à divers points les uns aux autres, chacun individuellement ne servant à peu près à rien, mais ensemble faisant la fonction qui leur appartient de ramasser de la nourriture et d'offrir la défense à son propriétaire. Du même coup, au regard de notre sensibilité humaine, elle est comme un objet d'art visuel suspendu, quelque chose de beau qui jaillit au lever du jour dans le jardin, nouant des gouttes de rosée ensemble comme des perles entre deux tiges de fleur.

Tout ce temps, mon coeur pousse un cri de douleur contre la dégradation que nous sommes en train d'infliger à la terre. Et tels les arbres dans la forêt, les différentes oppressions sont reliées les unes aux autres. Les doléances de la destruction dérivent de la nouvelle religion américaine: l'économie des entreprises. La théologie qui sert à cette religion a été écrite par ceux qui ont déjà la mainmise sur les marchés. Ils écrivent les règles que nous sommes tous obligés de suivre pour vivre, justifiant la consommation à outrance comme un moyen de créer des emplois et de produire des biens et services que tout un chacun doit avoir. En fait, ils sont en train d'essayer de nous convaincre que nous avons la responsabilité, voire le devoir patriotique, d'acheter notre porte de sortie hors de la récession. Et nous gobons cela, littéralement, en achetant les biens et services qu'ils nous proposent. En fait, notre gagne-pain pour la plupart de nous, dépend de cette consommation à outrance. Même chose pour notre niveau de vie courant.

Mais à quel prix? Les entreprises externalisent tous les coûts qu'ils peuvent: leurs coûts de fabrication et de main d’oeuvre, les coûts sociaux, surtout les coûts environnementaux. Ils soutiennent qu'il faut garder les prix des biens et services aussi bas que possible pour que les consommateurs les achètent. Les investisseurs cherchent sans cesse une efficacité plus grande et des moyens de plus en plus astucieux pour en externaliser les coûts. On exploite les travailleurs et leurs communautés en prenant pour acquis que les besoins sociaux ne sont pas du ressort des entreprises.

On consomme les ressources naturelles sans égard aux effets des éléments polluants mis au rebut. La nappe phréatique se réduit; l'air et de l'eau se polluent; les stocks de poissons sont décimés et certains types de déchets -pesticides, les organochlorés et les déchets radioactifs- ne peuvent plus se diluer et devenir inoffensifs. Un nombre croissant de plantes et d'animaux sont menacés ou en voie de disparation, sinon déjà disparus.

L'usage excessif d'engrais et de pesticides nuit au rendement des terres agricoles et des forêts et maintenant on ajoute même des pesticides au matériel génétique de la plante elle-même. Pendant ce temps, l'industrie s'oppose à tout contrôle, demande même toujours plus de subventions de l’État et de protection pour fonctionner selon leurs propres règles.

Ces doléances à propos du dépérissement de la terre me motivent à formuler une nouvelle théologie, une théologie de l'écologie. Celle-ci n'est pas nouvelle en soi. Elle se fonde sur nos sept principes et puise dans les six sources qui les sous-tendent. Elle est nouvelle seulement du fait qu’elle met l'emphase en premier sur notre rapport avec la terre, d'où découlent les autres relations. Et elle n'est pas non plus réellement de mon cru.

Depuis les vingt dernières années, la plupart des religions traditionnelles ont forgé leur propre théologie chrétienne de l'environnement. Les unitariens universalistes aussi débattent informellement de son à-propos, depuis plus ou moins une décennie. Certains de ses aspects se profilent, à l'occasion, dans les sermons, et j'ai vu récemment quelques articles qui en parlent, mais cette théologie ne fait toujours pas partie de notre culture UU.

Le pasteur David Bumbaugh, à la faculté de la Meadville-Lombard Theological School, déclare que nous nous sommes écartés des valeurs des sept principes de l'UUisme. Le septième principe est le plus galvaudé de tous. On aime bien, dit-il, parfois y faire allusion, admettant sa vérité fondamentale, mais en se gardant bien d’approfondir les questions provocatrices qu’il soulève au sujet de l'espèce humaine comme l'une des trames de la toile. On banalise le fait qu’on domine la toile, tirant de notre côté les autres trames, présupposant qu'elles sont-là uniquement pour notre bénéfice et ignorant le danger du bris de l'une d'entre elles, sans jamais chercher à savoir si une autre trame fera son apparition pour la remplacer. Le concept de la toile interdépendante est un défi direct à la manière dont nous vivons nos vies, concevons nos relations, comprenons la moralité, entrevoyons le sens de notre existence.

Certaines des questions soulevées par Bumbaugh correspondent à la pléthore de questions déjà posés par les philosophes à travers les âges."Quelle est la nature de la nature; comment y sommes-nous reliés? Quelle est la nature de l'esprit et comment survient-il de l'univers naturel? Comment le souci pour la justice peut-il provenir de la substance matérielle du monde naturel et à quelle partie de la création celle-ci s'étend-elle? Comment devons-nous vivre au sein de cette toile interdépendante? Cependant à la lumière du septième principe, ces questions nous amènent à toujours mieux comprendre notre relation avec le monde dans son ensemble. S'aventurer dans un tel questionnement bouleverserait aussi notre confort, rendant impossible de continuer à vivre nos vies comme si de rien n’était. Notre obstination à ne pas voir la réalité en face serait mise à rude épreuve; fini de se faire croire que l'orage va nous contourner pour aller faire rage dans la cour du voisin. Nous nous verrions obligés d'accepter nos propres rôles, nos responsabilités en tant qu'individus et en tant que communauté pour l'état futur de la planète".  

Le septième principe ne fournit ni réponse, ni certitude. Aussi, comme  Sharon Welch le dit dans son livre, A Feminist Ethic of Risk, on se cramponne trop à nos peurs, peur de l'incertitude, peur de perdre nos privilèges acquis, ce qui nous empêche de prendre la défense de la justice économique, sociale et écologique. On se laisse endormir par l’idée qu’il suffit de procéder à quelques modifications de notre mode de vie pour relever le défi auquel nous devons faire face et que des réformettes, c’est  tout ce qu’on est d’ailleurs capables de faire. On s'adosse au septième principe pour soutenir des actions symboliques aux dépens d’actions politiques, des réponses raisonnables aux dépens de réponses radicales. On se  donne de la sorte bonne conscience sans devoir se livrer à une lutte contre les pouvoirs établis. Cela sert comme un mantra à réciter pour se complimenter les uns les autres d’avoir amener le bac à recyclage sur le bord du trottoir pendant qu’on continue à consommer les ressources de la planète, soigneusement emballées dans des boîtes, des bouteilles ou des récipients en carton dont on se débarrasse toujours. De vivre selon le septième principe est compliqué, mais à sa lecture, derrière l’image de l’interdépendance qui se dessine se cache, je crois, une théologie complexe et pleine de richesse.

Le septième principe affirme qu’il n’y a aucune distinction à faire entre nous et le monde naturel; que nous sommes l’expression du contexte d’ensemble dans lequel on vit, on se déplace et on se reproduit. Cette théologie donne un sens élargi  à notre notion du sacré, affirmant que le sacré est toujours relié au tout, qu’il unifie, vit caché au coeur de ce tout. Et le plus important, comme le déclare Bumbaugh, de cette théologie surgira une meilleure compréhension de la nature des exigences de la justice, une compréhension qui admet qu’aucune notion de la justice ne peut être complète ou adéquate à moins de s’étendre à toute la création -à tous les êtres dont les vies sont assombries par les fardeaux imposés par le style de vie peu approprié, non viable et destructeur de certains.

Si Thomas Starr King prêchait aujourd’hui, prendre soin de la terre pour lui,  je pense, serait une partie intégrante de toutes nos autres responsabilités morales. Je suis sincèrement convaincue que l’intégrité écologique est impossible sans  justice sociale, ni de justice sociale sans justice écologique.

Le plus dur pour moi, c’est de devoir vivre le désespoir que suscite ce défi écologique en moi. Alors, je me mets à chercher un expédient créatif pour me rappeler que je ne suis qu’une partie d’un tout plus vaste dans cette lutte. Les métaphores qui émanent de la nature m’aident beaucoup. L’hymne 123,  Source de vie,  est l’hymne que je  préfère le plus dans le livre de cantiques (4). La  beauté des images est si saisissante que celles-ci deviennent presque palpables pour moi. “Terre nourrit moi; Ciel emporte moi.” Je me vois être soutenue et fortifiée par les racines qui poussent dans l’humus pour déployer  mes ailes vers le ciel pour que je réalise mes rêves. Ces racines sont les tentacules de ma communauté, qui m’enlacent, me soutiennent, m’apprennent. Ces ailes sont mon rêve de pouvoir aider les humains à aimer la terre, à être attentifs à toutes ses créatures,  recevant d’elle leurs dons tout en voyant à son mieux-être dans un esprit révérencieux. Cette vision me vient chaque fois que je chante ce cantique.

Mais dans ma théologie de l’écologie, les racines et les ailes sont plus que de jolies métaphores. Les images tirées de la nature nous montrent des vérités incontournables sur le monde… et notre place dans celui-ci. Pour moi, l’idée d’un arbre est une icône religieuse. Que ce soit un seul arbre dont les racines poussent sous la terre et dont le feuillage monte vers le ciel, ou toute une forêt couvrant le paysage à perte de vue, l’arbre nous dévoile la présence de relations, évoque le caractère interdépendant de toutes les formes d’existence, notre septième principe. La description suivante exprime bien cela:

Parfois je pense que je connais trop de choses sur le monde -sur l’état de la terre et de la société. Les problèmes écologiques m’apparaissent souvent accablants, surtout quand je les ajoute à tous les autres problèmes sociaux -la pauvreté, le racisme, la violence, les oppressions de tout genre et ainsi de suite....Mais je suis douée d’un penchant naturel qui me donne foi dans le pouvoir de l’humanité de changer le cours des choses. Même si on ne peut pas prédire l’avenir, on peut influencer son cours.

C’est que l’ampleur et l’acuité des problèmes ont tendance à me rendre cynique. Je sais que je ne peux pas changer la société dans son ensemble....c’est tout simplement impossible. Mais, comme Margaret Mead (5) l’a dit: “Ne doutez jamais qu’un petit groupe de citoyens engagés et attentionnés aient le pouvoir de changer le monde; en effet, il n’y a eu qu’eux qui l’ont pu”.

Les UUs à travers le continent travaillent fort pour développer et approfondir leur théologie de l’écologie. Ils découvrent des façons de la traduire en action sociale autres que celles des organisations traditionnelles vouées à l’environnement. Ils font front commun avec d’autres religions pour témoigner publiquement en faveur de la protection de l’Arctic National Wildlife Refuge et d’autres trésors publics. Ils font aussi front commun avec des organisations communautaires pour protester contre les activités des pollueurs dans les quartiers pauvres et minoritaires. Ils lancent des groupes d’accord mutuel dans leurs églises respectives pour que les uns les autres s’entraident dans leur quête pour remplir le vide d’une vie consacrée à la consommation à outrance. Ils se regroupent lors de célébrations interconfessionnelles pour remercier la terre de ses dons lors des services de Pâques, au lever du soleil, et des rituels pendant le Jour de la terre et lors du solstice. L’Éco-théologie pour l’intelligence, et la spiritualité pour le coeur et l’âme, sont les fondations d’un ministère consacré à la terre, sa racine elle-même, à vrai dire. Et l’éco-justice est le but, la vision, les ailes.

Il y a trois volets à ce ministère, à mon avis. Le premier consiste à développer notre raison d’être théologique et spirituelle pour ensuite la proclamer à la face du monde. C’est  l’échange de propos comme celui que j’ai soulevé ce matin.

Le deuxième volet consiste à devenir plus écolos en modifiant notre mode de vie. Cela veut dire mettre en relief les liens entre nos vies spirituelles et notre conscience des problèmes écologiques et chercher des moyens pour répondre aux injustices environnementales. Il faut aussi pratiquer la solidarité entre vous-mêmes pour réaliser ces changements, sachant que le monde en général est peu enclin à vous donnera un coup de pouce. Le projet du septième principe de l’UUA, qui promeut le développement d’un programme écolo au niveau de chaque congrégation, est en mesure de confirmer ce deuxième volet. C’est un programme d’étude et d’action adopté par la congrégation dans son ensemble, pour aider ses membres à  comprendre les problèmes écologiques, à faire le lien entre leur théologie et leur spiritualité ainsi qu’à traduire leurs valeurs en terme de justice sociale. Je coordonne ce programme comme élément de mon ministère consacré à l’environnement.

Finalement, le troisième volet consiste à faire en sorte que le pasteur dont le ministère est consacré à la terre proclame notre Vérité, représentant les unitariens et les universalistes face au grand public et qu’il y ait un dialogue interconfessionnel dans nos communautés au sujet du besoin de  prendre soin de notre environnement local.

Je crois fermement que c’est dans l’opposition au statu quo que nous sommes mis face à face avec le divin, que l’appel de s’occuper de la terre s’éveille, et que nos relations les plus profondes avec les mystères de la vie humaine se réalisent. Comme laïques vous pouvez tous -en effet, vous devez- vous impliquer aussi à faire ce travail. Ça prend tout le monde, pas seulement quelques-uns, pour faire ce travail sacré.

Voilà mon point de vue sur cette théologie de l’écologie. Maintenant j’aimerais vous inviter à comparer vos perspectives à la mienne....

Note de la traduction

1. L'auteur parle ici de "goddess traditions" et plus loin de "ancient earth based spirituality". Au fond, il s'agit de l'histoire des cultes de la terre-mère. Suggestion de lecture complémentaire, voir ch. 2, "Dieu fut d'abord une femme", Gérald Messadié, Histoire Générale de Dieu, Robert Laffont, 1997

2. "Christian Ecological Ethics" dans le texte anglais.

3. In Gaia and God:An Ecofeminist Theology of Earth Healing,  San Francisco:Harper&Row 1992.

4.Voir p. 112, Source de vie dans Vers un rêve à Bâtir, livre de cantiques publié sous la direction du pasteur Ray Drennan, Conseil unitarien du Canada 2001, 2002. Traduction de l’hymne 123, “Spirit of Life”. Vers un rêve à bâtir, livre de cantiques unitariens pour francophones a été réalisé avec la collaboration du mouvement universaliste au Québec et l’aide financière du Unitarian Universalist Veatch Program, à Shelter Bay.  L’hyme 123 “Spirit of Life”, écrit par Carolyn McDade, est composé de seulement six petites phrases, mais celles-ci touchent à la corde sensible de tous les Unitariens Universalistes. Nous avons adapté le texte pour correspondre aux mots et à la tournure de la version française  « Source de vie ».  

 
5. Anthropologue américaine très célèbre, promotrice de l’anthropologie culturelle (1901-1978). 
 

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