Tribune libre unitarienne, vol.2., no.2, 2006

PRENONS DU RECUL FACE À LA DÉTRESSE DU PEUPLE LIBANAIS, commentaire par Fabrice Descamps  


Je suis tout autant que toi sensible à la détresse du peuple libanais, ce d’autant que j’ai de la famille (mon beau-frère, ma belle-sœur et mes deux neveux) dans la communauté chrétienne d’Alep. Mais il me semble qu’il faut ici raison garder et ne pas se laisser envahir par les sentiments passionnels qui caractérisent cette région du monde.  


Prenons donc du recul et laisse-moi te raconter ce que mon grand-père faisait pendant la seconde guerre mondiale. Il était opérateur-radio pour
la Résistance. Il transmettait par exemple les positions des trains transportant du matériel et des troupes aux aviateurs anglais qui les détruisaient ensuite. Dans ces trains, il y avait beaucoup de civils, notamment des enfants, que les nazis utilisaient sciemment comme boucliers humains.  


Qui commettait un crime de guerre en détruisant ces trains ? Mon grand-père ? Les aviateurs anglais ? Ou les nazis qui prenaient des enfants comme boucliers humains ?  


Le Hizbullah positionne exprès ses rampes de missiles dans des quartiers résidentiels chiites et quand les Israéliens bombardent ces positions et tuent de nombreux civils innocents, dont des enfants, on a tôt fait de dire que ce sont les Israéliens les criminels de guerre. Pourtant, je ne suis pas de cet avis.


Cette région a besoin de solutions politiques, pas de bons sentiments : il faut désarmer le Hizbullah, restaurer la souveraineté du gouvernement libanais sur l’ensemble de son territoire, créer un Etat palestinien dans les frontières de 1967 avec Jérusalem-Est pour capitale, arrêter de dire au réfugiés palestiniens des camps qu’ils retrouveront leurs maisons dans les frontières de 1947 et leur trouver une forme de dédommagement pour la perte de leurs biens.  


Voilà.

Amicalement  



Paru le 1 août 2006

Tribune libre unitarienne, vol.2., no.2, 2006