Tribune libre unitarienne, vol.1, no.2, 2005

DOSSIER SUR LA MONDIALISATION DE LA GRANDE ENTREPRISE : UN SYSTÈME AXÉ SUR UNE CROISSANCE ÉCONOMIQUE INFINIE N’EST PAS DURABLE, par David C. Korten

(Article paru en anglais, février 2005, dans JUSTnews, revue publiée par les unitariens canadiens pour la justice sociale. David C. Korten est président du People Centered Development Forum et auteur d’un certain nombre de livres sur le pouvoir des entreprises, entre autres When Corporations Rule the World).

INJUSTICE ÉCONOMIQUE

LES EXCÈS DU MARCHÉ LIBRE

FORUM POUR L’ÉLITE DOMINANTE

LES MOYENS DE CONTRÔLE

UN DILEMME FORMIDABLE

Comme Herman Daily, fondateur de l’écologie économique, nous l’a souvent répété, l’économie humaine est encastrée dans les écosystèmes naturels de notre planète et est aussi dépendante d’eux. Jusque vers la fin des années 1900, nos activités économiques étant de peu d’envergure en rapport à l’étendue des écosystèmes, nous pouvions, dans une certaine mesure, ignorer, sans conséquence, autant sur le plan de la théorie économique qu’au plan pratique, cette réalité fondamentale.

Mais aujourd’hui, nous avons franchi un seuil historique. À cause d’une croissance économique cinq fois plus grande depuis 1950, les besoins environnementaux de notre système économique ont occupé tous les territoires. Autrement dit, nous vivons à présent dans un « monde fini ».

Les premières limites environnementales atteintes, voire peut-être débordées, ne sont pas relatives aux ressources non renouvelables, comme plusieurs le prévoyaient jadis, mais plutôt ce sont les limites relatives aux ressources renouvelables, y compris la capacité environnementale d’assimiler nos déchets. Ces limites concernent la dégradation des sols, des pêcheries, des forêts, et de l’eau; l’absorption des émissions en CO2; la destruction de la couche de l’ozone. On pourrait certes se disputer pour savoir si une limite donnée a été atteinte, hier à midi ou le sera demain à minuit, mais ce sont là des détails anodins face au fait qu’il ne nous reste qu’une seule véritable option : adapter nos institutions économiques à la réalité d’un « monde fini ».

La structure et l’idéologie du système économique actuel sont axées sur la production incessante — la croissance économique — et l’intégration des économies nationales à l’économie mondiale. Ce qui intensifie la concurrence entre les nations pour l’appropriation de territoires déjà surexploités. Dans un « monde fini », cette compétition acharnée accentue la destruction des capacités régénératrices de l’écosphère dont nous et les générations futures faisons partie. Elle sacrifie toutes les formes de vie sans utilité immédiate pour la consommation humaine; et elle exacerbe la concurrence entre les pauvres et les riches pour l’accès aux ressources vitales. Dans un marché libre — réceptif à l’argent, non aux besoins des hommes —, les riches sont gagnants à tout coup. Cela se produit partout dans le monde; des centaines de millions de personnes ont été acculées à l’errance au fur et à mesure que les terres, les eaux, et les pêcheries furent mises au service des riches.

Aussi longtemps qu’il y ait des ressources, les besoins des riches sont comblés-ce qui explique peut-être pourquoi tant de riches ne voient aucun problème. Les pauvres quant à eux vivent une tout autre réalité, mais dans une économie de marché on ne tient pas compte de leur expérience.

Le marché est incapable de percevoir la réalité substantielle. Les prix ne laissent pas entendre les cris de famine des pauvres expulsés du sol; ni de faire savoir aux industries polluantes s’ils sont en train d’émettre trop de C02 dans l’atmosphère, ou s’ils devraient cesser le déversement de toxines dans les sols et dans les eaux.

Pétries de l’idéologie du marché et sensibles aux intérêts des grandes entreprises, nos institutions façonnées par les forces du marché (celles du gouvernement et des grandes entreprises) ont porté peu d’intérêt, si ce n’est en faisant semblant, aux questions de l’environnement et de la pauvreté. Au contraire, elles ont investi toute leur énergie pour garantir aux gens qui ont de l’argent le libre accès à toutes les ressources encore disponibles sans égard aux conséquences à plus long terme.

La rude réalité d’aujourd’hui est que la croissance économique n’est plus valable comme politique. En fait, la hausse ou la baisse de la croissance de l’économie globale importe peu. Ayant franchi le seuil d’un monde plein, il s’agit maintenant de savoir si les ressources planétaires qui subsistent seront utilisées d’une manière 1) à satisfaire les besoins essentiels de tous les gens; 2) à maintenir la biodiversité; et 3) à garantir aux générations futures un flux de ressources comparables. Hélas, notre système économique actuel échoue sur ces trois points.


INJUSTICE ÉCONOMIQUE

Dans son livre How Much is enough, (Combien en faudra-t-il?) Alan Durning divise le monde en trois, « les consommateurs, les revenus moyens et les pauvres ». Les consommateurs comprennent 20 % des habitants du globe et consomment environ 80 % des ressources, c.-à-d. ceux parmi nous qui centrons nos vies autour de l’automobile, de l’avion, d’un régime carné et de produits emballés jetables. Les pauvres comprennent aussi 20 % des habitants du globe et vivent dans la plus abjecte privation.

Si on porte un regard sur les revenus au lieu de la consommation, les chiffres deviennent encore plus éloquents. Le Human Development Report des Nations Unies fait appel à la métaphore du verre de champagne pour symboliser la terrible injustice économique du monde. La coupe de champagne évoque l’opulence dont jouissent les 20 % de la population qui vit dans les plus riches pays du monde et reçoit 82 % du revenu mondial. Dans le pied du verre où il y a le dépôt, on trouve les 20 % de la population la plus pauvre du monde qui survit avec 1.4% du revenu mondial. Le revenu combiné des premiers 20 % est presque soixante fois plus élevé que celui des derniers 20 %. Et l’écart se creuse toujours.

Ces chiffres en réalité méconnaissent la véritable inégalité à l’échelle mondiale, car ils sont basés sur des moyennes nationales et non sur la réalité du revenu individuel. Si on prenait les super riches qui habitent dans les pays pauvres et les super pauvres qui habitent dans les pays riches, le revenu des 20 % des plus riches dans la population mondiale serait approximativement 150 fois plus élevé que celui des 20 % des plus pauvres. Et cet écart se creuse aussi.

Robert Reich, ancien Secrétaire du Travail dans l’administration Clinton aux États-Unis, argue dans son livre The Work of Nations que la mondialisation économique a contribué à faire perdre le sens de l’intérêt national aux classes riches et partant le souci et le sens de leur obligation envers leurs voisins les moins fortunés. Une fine portion des super-riches sur le rebord de la coupe de champagne a établi une alliance apatride qui confond les intérêts mondiaux avec les intérêts personnels et financiers des membres des grandes sociétés.

Cette rupture s’est produite dans presque tous les pays du monde à tel point que parler de nations du Nord et de nations du Sud ne veut plus rien dire. La ligne de partage significative aujourd’hui n’est pas la géographie. Elle est la classe. La mondialisation des grandes sociétés a habilité inexorablement les super-riches à mettre main basse sur les richesses du monde au détriment des autres personnes, des autres espèces, et des écosystèmes de la planète.

LES EXCÈS DU MARCHÉ LIBRE

Le problème n’est point le marché en soi. Une économie sans marchés mène au désastre, comme en fait foi l’Union Soviétique. Une distinction s’impose entre marché et marché libre.

Une particularité du 20e siècle est la lutte entre deux idéologies extrêmes. Le communisme où l’État est suprême. Le capitaliste où le marché est suprême — euphémisme pour les grandes sociétés —. Chacune de ces deux idéologies mène à sa propre forme de tyrannie. Le succès de l’occident durant la Seconde Guerre mondiale et au début de l’après-guerre n’est pas l’existence d’une économie de marché libre. Son succès vient du pluralisme démocratique, un agencement institutionnel qui tend à maintenir l’équilibre entre l’État et le marché et qui donne aux citoyens ordinaires le droit de voir à ce que l’un et l’autre deviennent responsables envers l’intérêt public.

Contrairement aux idéologues qui prônent la libre entreprise, les marchés exigent l’intervention gouvernementale pour leur fonctionnement rationnel. La théorie économique et les faits ont démontré que la répartition rationnelle des ressources se réaliserait seulement là où un marché de concurrence existe et les entreprises paient pour les conséquences environnementales et sociales de leurs activités, c'est-à-dire, internalisent les coûts de production. Ceci exige que les gouvernements formulent des règles relatives à ces coûts d’internalisation, et qu’ils les fassent exécuter. Et aussi comme les entreprises à succès sont vouées à s’agrandir sans cesse et à devenir monopolistes, les gouvernements doivent intervenir pour les démembrer et restaurer la concurrence.

Pour jouer le rôle essentiel de contrepoids entre le marché et la communauté, le gouvernement doit être égal au marché. Si les marchés sont nationaux, il doit y avoir un puissant gouvernement national. Avec la mondialisation, le marché a pu dépasser les frontières nationales et se libérer du contrôle du gouvernement. La conséquence a été une mainmise des grandes entreprises sur les décisions se rapportant aux sociétés civiles partout sur le globe. Celles-ci ne sont plus en mesure de faire face aux problèmes sociaux, environnementaux et aux autres besoins de la société.

Il s’est produit une immense concentration du pouvoir dans les mains de quelques grandes entreprises ouvrant à celles-ci la voie vers une croissance sans contraintes. Les actions antitrust pour rétablir la concurrence entre les entreprises par la dissolution des monopoles sont l’une des victimes de la mondialisation. En fait, la politique actuelle encourage l’agglomération des entreprises pour solidifier leur position dans les marchés mondiaux. Des cent plus grandes industries, cinquante-deux sont devenues des monopoles, sans compter les institutions bancaires et financières.

N’importe quel secteur industriel où il y a cinq ou moins d’entreprises qui contrôlent 50 % du marché est considéré par les économistes comme hautement monopolistique et ce genre de concentration existe déjà d’ailleurs dans les secteurs suivants : l’automobile, l’aviation, l’aérospatiale, les pièces électroniques, l’électricité et l’électronique, et le fer. Cinq entreprises contrôlent aussi au moins 40 % du marché mondial dans le pétrole, l’informatique, — et ce qui est particulièrement inquiétant pour les répercussions sur des débats publics de ces questions — les médias commerciaux.

FORUM POUR L’ÉLITE DOMINANTE

Il y a lieu de noter ici que les forums dans lesquels les élites de l’entreprise et du gouvernement imposent leur vision du monde ne se limitent pas à la banque mondiale, IMF, le WTO, l’OECD et le G-8. En mai 1954, un puissant groupe de leaders nord-américains et européens a pris l’habitude d’avoir des réunions non officielles. Connu simplement comme le groupe de Bilderberg, il a joué un rôle important dans le développement de l’Union européenne et dans la formation d’un consensus entre les leaders des nations de l’Atlantique sur les questions clés qui préoccupent les systèmes transnationaux dominés par l’Ouest. Il rassemble des personnalités de tous les pays, leaders de la politique, de l’économie, de la finance, des diplomates, ainsi que quelques journalistes faisant partie de l’ordre établi. Un initié du groupe de Bilderberg a fait la remarque « qu’aujourd’hui, il y a peu de représentants des gouvernements des deux côtés de l’Atlantique qui n’aient pas participé au moins à l’une de ces rencontres”.

À mesure que le Japon prenait un rôle plus important dans l’économie mondiale, le besoin d’un forum incluant le Japon se fit sentir, et qui aurait une structure plus officielle que celle du groupe Bilderberg. En juillet 1973, naissait la Commission trilatérale, à l’initiative de M. David Rockefeller, président de la Banque Chase Manhattan, et dont Zbigniew Brzezinski fut choisi président, devenu par la suite, en 1977, conseiller du président Jimmy Carter à la Sécurité nationale.

Les membres de la Commission trilatérale regroupent les dirigeants des quatre plus grandes multinationales, les figures de proue des cinq plus grandes institutions financières internationales, et les leaders des grands médias. Les présidents américains Jimmy Carter, George Bush Senior et Bill Clinton en firent tous partie, ainsi que Thomas Foley, ancien présentateur à la chambre des représentants des États-Unis.

Le groupe Bilderberg et la Commission trilatérale ont tous deux mis en place des forums pour permettre aux hauts dirigeants des plus grandes multinationales de rencontrer régulièrement et non officiellement, et à huis clos les plus hauts dignitaires politiques et les leaders d’opinion pour parvenir à des actions conjointes concernant les questions immédiates et lointaines des pays de la triade (États-Unis, Europe, Japon).

Dans une certaine mesure, ces rencontres donnent une stabilité aux orientations de la politique internationale, mais faute de sa participation sans influence du public– résultat d’ailleurs voulu. Chose notamment révélatrice à propos de ces groupes est leur adhésion politique bipartisane. Certes, la participation de présidents à la fois démocrates et républicains permet de mieux comprendre leur concertation pour l’approbation et la ratification de l’Accord de libre-échange nord-américain.

LES MOYENS DE CONTRÔLE

Les multinationales possèdent à présent un pouvoir considérable auquel elles font appel décidément pour refaçonner les règles du marché en leur faveur. Les accords internationaux de libre-échange sont certains de leurs moyens de contrôle les plus irrésistibles, leur donnant une autorité considérable ainsi que la protection légale qu’elles jugent nécessaire pour légitimer la poursuite de leurs vastes opérations de faire de l’argent sans scrupule.

Par le temps qui court, certaines grandes entreprises se plaignent auprès de L’OMC (l’Organisation mondiale du commerce) au sujet des lois nationales et locales qu’elles trouvent nuisibles à leur profit. Des comités secrets composés d’experts dans le commerce, non élus, arbitrent ces litiges, et leurs décisions ne peuvent être contestées ni rejetées par les gouvernements nationaux. En général, n’importe quelles règles ou politiques concernant la santé, la sécurité, ou l’environnement qui outrepassent les normes internationales seront sans doute vues par l’OMC comme des obstacles au commerce.

Aussi puissantes soient-elles, les grandes entreprises se conduisent de plus en plus comme des chargés d’affaires du monde des finances, aujourd’hui le plus influent régime. Son importance provient d’un petit groupe d’institutions financières privées n’ayant qu’un but en tête: accumuler une abondante masse d’argent. L’internet permet à quiconque, avec un ordinateur personnel et muni des codes d’accès indiqués, d’effectuer des transactions instantanées se chiffrant à des milliards de dollars sur n'importe quel marché boursier. La bourse elle-même est devenue un vaste jeu informatique. Dans ce jeu, les spécialistes ne se traquassent pas pour placer l’argent dans des affaires à long terme et haut de gamme, rattachées à des industries produisant de la prospérité réelle répondant aux besoins réels de gens réels. Plutôt, ils pourchassent les coups de bourse en spéculant sur des marchés volatils qui misent sur les variations instantanées des prix. Dans ce jeu, le court terme se mesure en microsecondes, le long terme en jours. Les conséquences sociales, environnementales, voire économiques de ces décisions boursières qui se chiffrent à des centaines de milliards de dollars par jour (voire même plus qu’un mille milliards de dollars) sont invisibles à ceux qui les prennent.

Joe Kurtzman, le rédacteur de la Harvard Business Review, est d’avis que pour chaque dollar qui circule dans l’économie productive aujourd’hui, vingt à cinquante dollars circulent dans la sphère de la finance. Comme ces transactions se réalisent au travers d’ordinateurs reliés à des réseaux internationaux à boucle ouverte, personne ne peut dire au juste combien d’argent dont il s’agit. Les mille milliards de dollars environ qui s’échangent de main en main à chaque jour sur les marchés mondiaux monétaires sont vingt à trente fois le montant réel requis pour couvrir les opérations d’une journée en biens et en services actuels.

Les multinationales qui investissent leur actif dans le secteur immobilier (contrairement au secteur financier volatil) se voient obligées, vu les pressions résultantes, de restructurer leurs opérations de manière à pouvoir maximiser les bénéfices à court terme de l’actionnariat. Une façon d’arriver à cela est de réduire leurs effectifs faisant appel à la robotisation et à l’élimination de centaine de milliers d’emplois. (Une autre façon est de déménager leurs opérations dans le tiers monde où la main-d’œuvre est bon marché). Résultat: une croissance économique affligée par le chômage. Dans la plupart des pays du monde, il y a un surplus de main-d’œuvre. Ceux qui ont la chance d’avoir un emploi aujourd’hui font partie de plus en plus de la classe des précaires. La peur et l’insécurité qui en résultent chez les travailleurs érigent devant le problème de l’emploi vs l’environnement un mur qui détourne l’attention des véritables problèmes environnementaux.

Une autre façon dont se servent les multinationales pour augmenter leurs bénéfices est de faire payer les coûts des leurs opérations par la communauté, dressant les municipalités les unes contre les autres dans un état de concurrence pour leur offrir les meilleurs subsides, le maximum de congés de taxe et le minimum de normes sur l’environnement et du travail. De même, les travailleurs sont opposés les uns aux autres dans une lutte pour la survie qui abaisse les salaires au minimum possible. Voilà ce que la mondialisation veut vraiment dire: la concurrence entre les localités. Les grandes sociétés, par contraste, réduisent au minimum la concurrence entre elles par des fusions et des alliances stratégiques.

N’importe quelle société qui refuse de jouer le jeu en entier est susceptible de devenir l’objet d’un rachat par un attaquant qui profitera des actions que la direction antérieure n’avait pas su prendre (peut-être à cause d’une crise de conscience morale ou par loyauté aux travailleurs et à la communauté). La restauration du système économique mondial rend presque impossible que les directeurs, soient-ils socialement consciencieux et convaincus, puissent mener leur société de manière responsable et dans l’intérêt public.

UN DILEMME FORMIDABLE

Nous faisons face à un énorme dilemme. Nous sommes à un moment de l’histoire où il nous faudrait repenser l’essence et la signification du progrès humain; cependant, les vues et les décisions qui ont surgi il y a une soixantaine d’années à Bretton Woods ont donné lieu à des événements qui ont partout modifié la manière d’organiser les sociétés tant et si bien que maintenant les changements nécessaires dans les mentalités et les structures sont presque impossibles. Cela s’est produit si vite que peu parmi nous ont pris conscience de ce qui est arrivé. Les vraies questions ne sont à peu près jamais discutées dans la presse écrite ou les médias trop souvent à la merci de la publicité d’entreprises.

Néanmoins, il demeure que, dans une économie mondiale, la durabilité des ressources renouvelables fait face à ce que Herman Daly appelle « le théorème de l’impossibilité ». Quelle est l’autre solution? Pour ceux parmi nous dont ce problème est une préoccupation importante, la réponse se trouve dans le contraire de la mondialisation. Elle repose sur la mise en place d’activités économiques à l’échelle locale -la fission des activités économiques pour permettre aux gens de prendre des décisions avec assurance ou non. Ce qui veut dire enraciner le capital dans les localités et le rendre accessible au plus grand nombre.

De gros intérêts commerciaux se mettent résolument en travers de ce renversement de tendance. Le plus grand obstacle, par ailleurs, est la pénurie des discussions publiques sur la question. Le point de départ serait de mettre ces questions sur l’agenda lors de table ronde et de les faire entrer dans les débats politiques prédominants en écrivant des articles comme celui-ci pour la presse alternative, lequel peut contribuer à atteindre ce but.

 

Tribune libre unitarienne, vol.1, no.2, 2005