Tribune libre unitarienne, vol.1, no.2, 2005



LA MONDIALISATION ET LE NOUVEL ORDRE ÉCONOMIQUE, par Valmyre A. Bourdon

(Valmyre A. Bourdon est un directeur commercial à la retraite. Il est un ancien président de l’Église unitarienne de Montréal et un membre fondateur du Mouvement universaliste au Québec).

OÙ MÈNENT LES ACCORDS COMMERCIAUX?

LE MENSONGE OUTRANCIER DE L’ALENA.

LA PROPAGANDE CONTRE L’ÉTAT-PROVIDENCE

LA DOMINATION MONDIALE DES GRANDES ENTREPRISES

LA FRACTURE SOCIALE ENTRE RICHES ET PAUVRES

LA DÉMOCRATIE ET LE NOUVEL ORDRE ÉCONOMIQUE

CONCLUSION

« On n’y peut rien »! Mots sur toutes les lèvres depuis quelques temps, répétés, martelés tant et si bien qu’il ne fait aucun doute pourquoi nous éprouvons, sans trop y réfléchir, le vague sentiment que la mondialisation est une bonne chose en soi, censée créer des emplois et de la prospérité.

Depuis quelques décennies, malgré toutes ses belles promesses, nous avons vu impuissants notre société devenir sens dessus dessous; nous avons été témoins de licenciements massifs, de carrières interrompues par des retraites anticipées, des fermetures d’usines, des coupures draconiennes dans notre filet de sécurité sociale. Face à tant de revers économiques, nos politiciens et les élites d’affaires ont continué à nous dire qu’il fallait prendre notre mal en patience pour conserver notre avantage concurrentiel dans le marché global.

Dans l’attente des bienfaits de la mondialisation, il ne fait aucun sens de saper volontairement les bases industrielles et sociales, qui ont su apporter l’aisance aux Canadiens depuis la fin de la Seconde Guerre mondiale. Si le seul fait de planter ses jalons a eu autant de résultats négatifs sur notre société en si peu de temps, comment pouvons-nous gober la thèse selon laquelle le nouvel ordre économique nous livrera prochainement la corne d’abondance? Et pourquoi d’ici-là les gens ordinaires doivent-ils se saigner aux quatre veines, pendant que les banques et les entreprises retirent de larges bénéfices?

Qui finira gagnant dans ce soi-disant nouvel ordre économique? Qui court à sa perte? Voilà quelque unes des questions soulevées dans le présent essai!

OÙ MÈNENT LES ACCORDS COMMERCIAUX?

Nous sommes en train de vivre aujourd’hui une nouvelle phase de l’expansion du capitalisme dont le dessein n’est plus la conquête des colonies, mais la maîtrise du commerce à l’échelle mondiale et de la richesse qui en découle, et par voie de conséquence l’assujettissement des États-nations!

Notre gouvernement s’est trop empressé à faire le saut décisif dans l’inconnu de la mondialisation sans que nos élus aient eu le temps d’examiner chacune des clauses en détail avant de ratifier l’accord. Fâcheusement, les politiciens eux-mêmes semblent avoir oublié qui ils représentaient en défaisant notre filet de sécurité sociale et en haussant les taxes et les impôts au maximum, pendant qu’ils négociaient des accords commerciaux tels l’ALENA (Accord de libre-échange-nord-américain) pour mieux venir en aide aux entreprises multinationales, mais non à nous, les citoyens.

Sans notre concours, voire notre avis, ces accords sont en train de refaçonner notre société selon les besoins des entreprises. Et, en outre, tout en nous éloignant de la démocratie et de nos institutions auxquelles nous tenons tant, ils nous contraignent à obéir aveuglement aux entreprises, chantres de la mondialisation, du libre-échange, de la privatisation, de la rationalisation, de la restructuration, de la réingénierie, de l’esprit d’entreprise, de la réduction des effectifs, (on ne vous licencie plus aujourd’hui, vous subissez la réduction des effectifs!), de la croissance, de la réduction du personnel, du dégraissage, de l’externalisation, de l’harmonisation, et de ce vieux tube, la création d’une situation équitable pour tout le monde.

Et où ces accords veulent-ils nous mener? Vers ce soi-disant village global et ce nouvel ordre économique! Et là-bas que trouverons-nous? Une démocratie plus pure, une société plus juste et humaine, sans pauvreté, sans crime, ni ignorance; une société encourageant l’épanouissement de tous les êtres humains? Il n’en est rien!

LE MENSONGE OUTRANCIER DE L’ALENA.

On nous enjoint de mettre nos espoirs dans le secteur privé, car tout ce que le gouvernement peut faire, l’entreprise privée est capable de le faire encore mieux; ceci ignore le fait que les entreprises ne sont pas là pour travailler au nom de leurs clients, ni pour résoudre des problèmes sociaux, ni non plus pour créer des emplois. Les emplois sont des coûts qui rognent les bénéfices. Donc, il faut réduire le plus possible la main-d’oeuvre et les salaires. Voilà pourquoi tant d’entreprises délocalisent leurs opérations dans le tiers-monde où les coûts de la main-d’oeuvre sont une fraction des salaires nord-américains!

Suite à l’ALENA , le secteur manufacturier canadien entre 1988 et 1994 a connu une perte de 334 000 emplois. (6) Pendant que certaines entreprises réduisaient leur personnel pour mieux conserver un avantage concurrentiel dans le nouvel ordre économique, beaucoup d’usines viables fermaient leurs portes et déménageaient au Mexique où le salaire est un dixième de celui au Canada. Face à ces licenciements massifs, le reste de la main-d’oeuvre fut obligé d’accepter des coupures substantielles de salaire pour permettre une hausse de la productivité; ce qui veut dire accepter de travailler davantage pour un revenu moindre.

La compagnie Maytag de Galesburg dans l’Illinois aux États-Unis a récemment annoncé (janvier 2005) la fermeture imminente de son usine de réfrigérateurs et sa relocalisation à Raynosa au Mexique: ce qui causera une suppression de 3 600 à 5 600 emplois dans la région et environ 111 millions de dollars en perte de salaires. Un représentant local de dire : « Quand une compagnie comme Maytag abandonne une communauté comme Galesburg et déménage au Mexique, le dommage collatéral est plus important qu’on ne le croit. Le gros mensonge de l’ALENA s’affiche ici au vu et au su de tous ».

Quiconque a déjà travaillé pour une entreprise sait que celle-ci n’a rien à voir avec la démocratie; son but se résume à accumuler de plus en plus de profit par le truchement d’une expansion au-delà des frontières nationales. Le simple particulier doit porter son regard ailleurs, s’il cherche à trouver la démocratie ou une plus grande prospérité.

Malgré la publicité tapageuse en faveur du nouvel ordre économique, celui-ci est incapable ni d’éliminer la pauvreté ni de résoudre les problèmes sociaux et environnementaux. Au contraire, il risque d’aggraver la situation! La mondialisation n’est pas un fait naturel, mais une création culturelle de l’homme où le monde se voit transformer en une économie de marché. Ce système-monde est caractérisé par la recherche de l’accumulation pour l’accumulation à l’échelle mondiale. Son expansion réclame le libre accès aux ressources naturelles de la planète et la mobilité des capitaux. Le nouvel ordre économique fait fi des frontières nationales et, en outre, a tout intérêt à défendre des accords commerciaux comme celui de l’ALENA. Autant dire que cela pose un véritable défi à la démocratie et à la souveraineté des États!

LA PROPAGANDE CONTRE L’ÉTAT-PROVIDENCE

La propagande contre l’État-providence censée inhiber l’initiative personnelle et favoriser la paresse, dont les pontifes du nouvel ordre nous rebattent les oreilles, a-t-elle un fondement? Réfléchissez bien à ceci. Une enquête de dix-huit mois conduite par Time Magazine sur les firmes subventionnées aux États-Unis, datant du 9 novembre 1998, révèle que « le gouvernement fédéral, à lui seul, verse $120 milliards par année en assistance aux grandes entreprises... ». Cette étude fort lumineuse s’applique également au Canada. En comparaison, le revenu du gouvernement canadien généré par les impôts, en 1995, n’était, en termes absolus, que 90 milliards en dollars canadiens.

Ceci soulève la question de savoir combien le gouvernement canadien doit verser en assistance aux grandes entreprises? Selon une étude récente conduite par la Fédération du Travail en Ontario, au moins 400 entreprises dont les profits s’évaluent à plus d’un demi-million de dollars « ont payé peu d’impôt ou même aucun impôt! ». D’autres entreprises sont autorisées à différer leur impôt, et la différence, entre temps, doit être compensée par le contribuable ordinaire!

Voici comment débute l’article précitée du Time Magazine: « Comment aimeriez-vous ne devoir que le quart des droits de succession pour votre maison? Et acheter tout ce que vous voulez pour les prochains dix ans sans devoir débourser un sou pour la taxe de vente? Et toucher votre chèque de salaire sans impôt sur le revenu? Obliger la ville où vous habitez à vous prêter de l’argent à un taux inférieur à celui de la banque? Ensuite faire en sorte que cette même ville installe à ses frais les conduites d’eau et les égouts sanitaires de votre maison, vous offre des ristournes régulières sur vos factures de services publics–et de plus en y ajoutant l’aménagement paysager du jardin devant votre maison, gratis. De tels avantages fiscaux semblent impensables, bien sûr. Mais si vous viviez un peu n’importe où en Amérique, vous trouveriez partout des contribuables qui obtiennent de pareils avantages fiscaux. Ces contribuables sont les entreprises privées... ».

Voilà un portrait fidèle de notre réalité courante, n’est-ce pas? Et cela sans que l’article fasse même mention à la vaste opération de sauvetage des entreprises aux États-Unis, tels ces généreux prêts garantis à même les épargnes, bouée de sauvetage, sur lesquelles notre attention vient d’être portée récemment ni, effectivement, non plus aux libéralités de notre propre gouvernement canadien et des gouvernements provinciaux!

Il semble que les grandes sociétés sont hostiles au socialisme peu importe sa forme quand il s’agit de gens ordinaires; mais quand il s’agit d’elles, elles appellent subvention l’assistance reçue de l’État, estimant cela comme tout à fait conforme au bon sens des affaires. En outre, elles n’hésitent pas à socialiser les réparations des dommages qu’elles causent à l’environnement : cela s’appelle « externaliser » les coûts! Par exemple, les coûts pour se débarrasser des millions de pneus usés, assumés par la collectivité, sont des « externalités » pour le fabriquant.

LA DOMINATION MONDIALE DES GRANDES ENTREPRISES

En parallèle avec l’ALENA, vingt neufs pays, les États-Unis en tête, entamèrent des pourparlers à huis clos pendant deux ans pour mettre au point, en fait, “une charte des droits et libertés pour les entreprises transnationales”, document appelé Accord multilatéral sur l’investissement, en bref AMI!

Suite à une fuite, l’ébauche des négociations secrètes de l’AMI a fini par aboutir sur Internet. Cet accord attribuait aux grandes entreprises un pouvoir sans précédent selon lequel celles-ci seraient devenues des citoyens trans-nationaux, avec « un statut légal égal à celui des États-nations » (1). Couronnées monarques en quelque sorte, quelles raisons resteraient-ils aux grandes entreprises pour accorder leur loyauté soit à leur pays d’origine, soit à d’autres pays où elles font affaires? Et mise dans une telle situation qui pourrait les obliger à être de bons citoyens?

Maude Barlow et Tony Clarke ont écrit un livre conjointement intitulé MAI. Avant de le lire, je n’avais qu’une vague idée de l’ampleur des richesses et du pouvoir des multinationales. Ces auteurs écrivent : «Il y a de cela deux décennies, les Nations unies avaient répertorié environ 7 000 entreprises transnationales dans le monde; aujourd’hui, elles en comptent plus de 40 000.  Les 200 premières, observe l’ Institute for Policy Studies de Washington, sont si géantes et puissantes, qu’ensemble, leurs ventes annuelles sont plus importantes que les 182 économies combinées des 191 pays du monde » (2).Autant dire 95% des pays du monde.

Vu d’une perspective canadienne, la General Motors, en 1995, avait un chiffre d’affaires de 169 milliards de dollars (US), et celui de Wal-Mart était de $94 milliards. Pour la même période, le gouvernement du Canada ne prélevait que 90 milliards de dollars canadiens en impôts! (6)

La fuite de l’ébauche de l’AMI causa un tel tollé que l’accord fut abandonné, mais pour être renégocié plus tard par OMC (Organisation mondiale du commerce). Bien qu’une analyse de la « version nouvelle et amendée » de cet accord dépasse le cadre du présent essai, il appartient à tous les peuples qui aiment la liberté et à leur gouvernement d’être vigilants, car, bien qu’expurgée, la version révisée risque d’être avec le temps la même chose que la version originale!

Tout aussi puissantes que puissent être les multinationales, nous sommes récemment témoins d’un phénomène sans précédent de fusions d’entreprises. En se transformant en conglomérats, l’entreprise privée augmente ses chances de succès dans le marché global. C’est un processus de concentration caractérisée par une lutte dans laquelle il y a des perdants et des gagnants. La récompense pour les gagnants ultimes est la maîtrise du commerce mondial, et par extension, la domination des États-nations.

LA FRACTURE SOCIALE ENTRE RICHES ET PAUVRES

Dans le nouvel ordre économique, la souveraineté du Canada risque d’être mise en péril par des accords commerciaux qui non seulement ouvriraient nos ressources naturelles à l’exploitation par des étrangers, mais qui aussi interdiraient la promulgation de lois pouvant affecter les profits des multinationales. Voir les démêlés avec Mobiloil par exemple. Le Canada pourrait aussi perdre le contrôle de son économie à cause de la mobilité du capital au-delà des frontières nationales.

La concentration de la richesse actuelle dans les mains de super riches dans la société occidentale a pris une allure scandaleuse. Dans son livre (4) intitulé Pour une société meilleure, John Kenneth Galbraith affirme que parmi les ménages les plus prospères aux États-Unis en 1989, le premier 1% de ceux-ci possède 40% de la richesse du pays, alors que l’autre 20% en possèdent plus que 80%. Cette fracture sociale entre les riches et les pauvres étant aujourd’hui un fait bien connu, la question soulevée par Galbraith est de savoir comment on peut concrètement la réduire? À ses yeux, une société meilleure ne peut tolérer de telles inégalités.

Greg Albo, qui enseigne la science politique à l’université York, affirme que « selon le Nation’s Trade and Development Report (1997), les 20% de la population la plus riche au monde se partageaient 69% du revenu mondial en 1965 pour voir leur part augmenter à 83% en 1990 » (5). Ceci veut dire qu’il ne restait que 17% du revenu mondial à partager parmi le 80% du reste de la population mondiale. Cela vous étonne qu’il y ait tant de la pauvreté dans le monde?

Il va de soi, que les richesses accumulées par un petit groupe ne bénéficient pas à tous les membres de la société; elles circulent à partir du bas de la pyramide pour s’accumuler au sommet entre les mains des super riches.

Quel effet aura le nouvel ordre économique sur les gens ordinaires? Au fil du temps, nous nous verrons dépossédés de notre citoyenneté pour ne devenir que de simple consommateurs.

LA DÉMOCRATIE ET LE NOUVEL ORDRE ÉCONOMIQUE

Les unitariens posent, en principe, que tout être humain a droit à la liberté de conscience et de s'organiser suivant le processus démocratique qui en découle. Est-ce que les dirigeants des grandes entreprises donnent le même sens que nous au mot démocratie? Que veulent dire les leaders de notre monde occidental quand ils disent qu’ils ont la responsabilité « d’assurer la sûreté du monde » pour la démocratie?  Pour eux, en réalité, cette expression veut dire assurer la sécurité du monde pour les sociétés multinationales afin de leur donner libre accès aux ressources de la planète pour des fins de profits, tout en voulant nous faire croire que le capitalisme débridé et la démocratie soient synonymes.

La démocratie est un mot dont on abuse à outrance car telle la beauté, celle-ci se voit à travers les yeux de celui qui la voit. Le petit Larousse définit la démocratie comme « un régime politique selon lequel le peuple exerce sa souveraineté lui-même, sans l’intermédiaire d’un organe représentatif (démocratie directe) ou par représentants interposés (démocratie représentative) ». Autrement dit, le gouvernement du peuple, pour le peuple et par le peuple. Le nouvel ordre économique appuiera-t-il et défendra-t-il une telle interprétation du mot démocratie?

Le monde a certainement besoin de la mondialisation, mais pas de cette mondialisation mue par la recherche du profit et vers laquelle veut nous conduire le nouvel ordre économique! Nous avons besoin d’une mondialisation où il serait tenu compte de l’homme en premier lieu, et non pas du profit; une mondialisation dont le but serait l’élimination de la pauvreté, de la famine, de l’ignorance, et de la maladie; une mondialisation qui réduirait concrètement la fracture sociale entre les riches et les pauvres; une mondialisation qui encouragerait des réformes agraires où les besoins sont critiques; une mondialisation vouée au respect de l’environnement et au développement durable, bref, une mondialisation qui garantirait la survivance du genre humain sur notre planète!

Une telle mondialisation ne réussira à prendre son envol que par un organe international dont le mandat serait d’oeuvrer pour et au nom de toutes les nations et les peuples du monde; et cet organe est l’Organisation des Nations unies, non les grandes entreprises assoiffées de profit!

CONCLUSION

Le nouvel ordre économique, de toute évidence, est en rupture de ban avec la charte de la Déclaration des droits de l’homme de l’Organisation des Nations unies et aussi avec nos propres principes unitariens et universalistes, d’où l’urgence de concevoir de nouvelles solutions plus imaginatives pour résoudre les problèmes économiques, sociaux et environnementaux du monde actuel.

On ne peut pas laisser la société boucler la boucle du féodalisme médiéval au féodalisme moderne corporatiste!

La mondialisation, dont on nous rebat les oreilles, ne fera qu’augmenter la fracture entre les riches et les pauvres, pendant que la classe moyenne, seule capable de servir d’intermédiaire entre les deux, connaîtra, sans cesse, le déclin.

Notes de références

(1) Barlow, Maude et Tony Clark, MAI, Stoddard Publishing, 1997,

(Voir sur l’endos de la jaquette Equal legal standing with nations states).

(2) Barlow, Maude et Tony Clark, MAI, Stoddard

Publishing, 1997 (voir page 15 sur la richesse des méga-entreprises

trans-nationales).

(3) Global Policy Forum ( voir la comparaison des revenus des grandes entreprises transnationles vs les gouvernements).

(4) John Kenneth Galbraith, Pour une société meilleure, Seuil : Paris 1997.

(5)Andres, Jackson, Matthew Sanger, Dismantling Democracy, Canadian Center for Policy Alternatives and James Lorimer & Co., 1998. ( voir page 307, 83% du revenu global contrôlé par 20% de la population mondiale).

(6) Dobbin, Murray, The Myth of the Good Corporate Citizen. Stoddard Publishing Co. Ltd. 1998

Références additionnelles

Time Magazine du 8 novembre 1998.

Global Policy Forum

The Council of Canadians.

Tribune libre unitarienne, vol.1, no.2, 2005