Créer un mandala

Créer un mandala par Lucie-Marie Castonguay-Boyer

C’est quoi la spiritualité? Comment être spirituel? C’est différent pour chaque personne, selon des circonstances différentes, et à des époques différentes de la vie. Certaines personnes font des retraites, d’autres font du bénévolat; certaines se ressourcent dans la nature, d'autres font du yoga; certaines lisent des mystiques, d’autres méditent. Dans cet article, Lucie-Marie Castonguay-Boyer décrit comment elle découvre sa spiritualité en créant des mandalas selon son intuition, sa créativité et son inspiration du moment présent.

CRÉER UN MANDALA
Pour m’amuser et pour me découvrir.

Comment être en harmonie avec moi-même,
mon objectif de vie et le monde qui m’entoure?
Le mandala, diagramme circulaire,
saurait-il m’en révéler le secret?
De plus créer ce symbole visuel est
agréable, fascinant, enrichissant.
C’est un instrument de travail personnel que
je peux utiliser continuellement pour
me redécouvrir, me recentrer
et me reconnecter avec l’univers.
Bienvenue dans cette démarche de sagesse
et de confiance en toi.

Avant de créer son Mandala il est peut-être bon de se rappeler quelques points importants.

Pour moi, le Mandala (Mandala =cercle en Sanskrit : ancienne langue de l’Inde ; langue sacrée de la religion brahmanique) est ce symbole en forme de cercle ou CENTRE dans lequel j’y mets des formes ou des dessins de toutes sortes (je peux aussi utiliser des matériaux naturels) pour exprimer mon ressenti selon mon intuition, ma créativité et mon inspiration du moment présent.

 

QUE FAIT POUR MOI LE MANDALA?

 

1. Me montre où je suis dans mon cheminement et le résultat ou la destination que je veux atteindre.
2. M’aide à savoir qui je pense que je suis et ce que je veux devenir.
3. Collabore à me redécouvrir et à me mettre en harmonie avec le monde qui m’entoure.
4. M’oblige à m’écouter et à reprogrammer mon dialogue intérieur (150 à 300 mots à la minute).
5. Me seconde dans ma méditation et relaxation.

POURQUOI UN CERCLE?

1. Pour me recentrer et me ramener à moi-même.
2. Pour me faire réaliser à la fois l’ordre et le laisser-aller que la vie dans sa création m’enseigne.
3. Pour apprendre à fonctionner avec mes limites et accepter celles qui me sont nécessaires.
4. Pour connaître mes frontières qui me permettront de laisser éclater mon intuition et ma créativité.

UN PEU D’HISTOIRE

 

Le mandala existe depuis des millénaires. Il nous vient de l’Asie (Tibet, Népal, Inde) particulièrement avec le Bouddhisme et l’Hindouisme.

Ce symbole est le même à travers le monde même si on le nomme différemment.

Dans la tradition chrétienne, on utilise le carré et le cercle à l’intérieur : les 4 évangélistes et le Christ au centre ou encore les 4 points cardinaux et l’œil de Dieu au centre.

Au moyen âge pour représenter le système « psychocosmique » (représentation du monde sensible), on l’appelle : « l’œil philosophique » ou le « miroir de la sagesse ».

Chez les Autochtones, particulièrement le peuple Navajo, Indiens de l’Amérique du Nord, ils expliquent la formation de l’univers comme un « principe circulaire ».

AUJOURD’HUI nous l’utilisons particulièrement pour :

- la croissance personnelle,
- la connaissance de soi,
- la guérison spirituelle,
- l’interprétation des rêves,
- le plaisir de dessiner et colorer,
- la concentration dans le domaine éducatif.

Concernant la croissance personnelle et la connaissance de soi, C.G. Jung, grand psychologue du dernier siècle, a été celui qui a le plus utilisé le mandala dans ses interventions : pour lui tout doit retourner à notre moi intérieur, à notre centre profond pour réaliser quoique ce soit, ce qui lui fait dire :
« Ce que l’on ne veut pas se préoccuper de conscientiser va nous apparaître dans notre vie en tant que sort ou destin ».
Au lieu de maintenir un équilibre entre deux énergies opposées (comme par exemple la créativité et la logique, l’amour et la colère, l’intuition et la raison, etc.), Jung « considérait le mandala comme un moyen de résoudre le conflit entre les énergies correspondantes, en commençant par les réaliser puis en les unissant, de manière égale, en une harmonie et un équilibre » (Note 1).

Pour moi plus je pratique et utilise cet outil de travail plus je découvre ma lumière et mes forces intérieures : par conséquent plus je « m’équilibre ».

 

AUTRES MANDALAS EN PARALLÈLE

-1- Le labyrinthe
Le labyrinthe est un ensemble de chemins très étroits et circulaires qui se divisent et se séparent. Il n’y a qu’une façon de se rendre au centre et d’en sortir : il nous faut suivre la voie qui s’offre devant nous. Nous voyons bien que ces chemins
peuvent facilement symboliser nos difficultés et qu’il nous faut retrouver La Source, - le centre - pour en sortir.
a) Le labyrinthe de Crète comprend sept circuits.
b) Le labyrinthe de Chartres comprend onze circuits. Au moyen âge toutes les Cathédrales gothiques avaient, à leur portique, un labyrinthe. Seule la Cathédrale de Chartres en France l’a restauré (il avait été fait en 1201).
c) Aujourd’hui nous en trouvons partout à travers le monde.

-2- La roue médicinale chez les autochtones :
« Pour les autochtones la santé et la guérison prennent leur source dans la position selon laquelle tous les éléments de la vie sont interdépendants. Pour eux le bien-être découle d’un équilibre et d’une harmonie entre tous les éléments de la vie personnelle et de la vie collective. »
(Comité sur la santé des Autochtones Janvier 2001 ; Déclaration de principe de la SOGC)
Leur vie se déroule selon la roue des Cycles de Vie : nourrissons et très jeunes enfants, enfance et jeunesse, grands-parents et aînés, jeunes adultes et parents.

-3- Le tarot :
Jeu de cartes pour aider à deviner ou prédire l’avenir (pour la divination).
Le tarot traditionnel est composé d’un assortiment de cartes qui intègrent l’image et le symbolisme du cercle (ex : la roue de la fortune, la lune, le soleil, le monde).

La base de cette croyance est que « toutes les choses sont à un moment donné liées les unes aux autres et qu’en en examinant une il est possible d’obtenir une information ou une compréhension intuitive sur une autre » (Note 2).

QUAND UTILISER UN MANDALA?

Aussi souvent que l’on désire.

Par exemple pour célébrer un rituel lors d’un grand évènement, un passage de vie, toutes autres occasions qui me semblent importantes et significatives ou simplement pour m’amuser. Les couleurs du mandala sont celles des « chakras » mais les plus utilisées sont :
rouge, jaune, vert, bleu, blanc et noir.

Cependant ce qui importe c’est de choisir les couleurs qui sont en harmonie avec nos propres vibrations, nos goûts, nos sens, nos organes et nos centres d’énergie.

 

QUELQUES SUGGESTIONS POUR CRÉER SON MANDALA

1. Préparer ses matériaux et les disposer devant soi.
2. Choisir un évènement qui a eu ou qui a un impact important sur moi et que je voudrais comprendre davantage et améliorer (ce peut être positif ou négatif).
3. Écrire ce qui me vient concernant cet évènement.
4. Encercler ce qui me paraît très émotionnel, pénible, douloureux ou selon le cas, joyeux et extraordinaire.
5. Maintenant je laisse de côté l’écriture et je ferme les yeux pour me concentrer sur ledit évènement.
6. Si j’ai besoin de faire appel à un pouvoir divin quelconque, je le fais.
7. Si j’ai besoin de me sécuriser, je le fais.
8. Lorsque je me sens prête, je dessine et colore, de préférence avec la MAIN GAUCHE.
9.
Je laisse simplement aller mon imagination et mon ressenti sans essayer de comprendre. Abordé de cette façon, le résultat est normalement très révélateur et efficace.
10. Une fois terminé j’observe attentivement ma création : tout ce qui me vient je le note ou je m’enregistre ou je le partage avec quelqu’un à qui j’ai très confiance.
11. Si possible, poser un acte concret, en relation avec ma ou mes découvertes, pour me remercier et honorer mon intuition et ma créativité.

AUTRES ENDROITS ET FAÇONS OÙ JE PEUX SOUVENT UTILISER LE MANDALA

 

1. Si j’aime jardiner : faire un jardin de fleurs en mandala.
2. Si j’ai besoin de m’acheter une autre table : en choisir une en rond.
3. Si je reçois des amis : m’organiser pour nous placer en cercle.
4. Si j’anime une réunion : m’assurer que nous sommes en cercle.
5. Si je me demande ce que j’ai à faire dans une situation qui m’est plus ou moins claire ou difficile : je relâche en dessinant ou écrivant dans un cercle tout ce qui me vient émotionnellement.
6. Si je veux davantage comprendre UN de mes comportements : je vais dessiner dans le cercle tout ce que j’y trouve de positif et de négatif et j’y relie les émotions et les actions qui y sont connexes.
7. Si je veux mieux comprendre mon rêve : utiliser cette approche également.
8. Enfin, les possibilités sont presque infinies.

Pour moi le MANDALA DE GUÉRISON, inspiré par le rituel tibétain, est celui qui m’a le plus marquée et transformée.

 

PRÉPARATION

1. Choisir mon intention (me rappeler d’inclure : mon évolution et le plus grand bien de tous) ; c'est-à-dire la raison pour laquelle je veux faire ce mandala. - Je penserai constamment à cette intention tout au cours de la création et de la dispersion de mon mandala.
2.
Lieu où je vais travailler : si possible choisir un endroit avec lumière naturelle, propre et à l’ordre (si nécessaire purifier l’endroit). Si cela me parle : m’entourer d’objets ou de symboles qui me sont significatifs et qui peuvent représenter mon intention ou ce que je souhaite obtenir.
3.
Bénir les matériaux : mettre devant soi tout le nécessaire pour créer mon mandala. Faire une courte visualisation pour aller chercher l’énergie de la terre. Je demande : que cette énergie passe par mes pieds, monte dans mes mains et se répande sur mes matériaux. (Que je sois assis (e) à une table ou au sol m’assurer que je suis confortable et que je suis assis (e) le plus droit possible).
4. Fermer les yeux,
me concentrer sur mon intention et demander à mon « pouvoir supérieur » de me guider et de bénir la création de mon mandala.
5.
Méditation : commencer par de bonnes respirations de relaxation.

- chanter ou répéter « un mantra » (un mot ou une formule qui me convient pour garder mon attention).
- concentrer sur mon intention ;
- rester ouverte aux symboles, couleurs et visions qui peuvent venir ;
- laisser aller toutes idées préconçues ;
- être attentif à la plus simple image qui vient ;
- ce qui importe c’est de suivre mon intention et ma créativité ;
- formuler clairement mon intention et l’écrire.

CONSTRUIRE SON MANDALA soit avec :

 

- du sable,
- de la peinture ou
- autres matériaux naturels.

DÉMANTELER SON MANDALA

1. Bien regarder, examiner, observer mon mandala ;
2. Honorer ma création ;
3. Recevoir l’information que ma compréhension intuitive m’apporte et noter au besoin ;
4. Me remercier et remercier mon « être supérieur » ou les « êtres divins » ;
5. Rester bien centré sur mon intention en rassemblant le sable ou autres matériaux selon le cas.

DISPERSION DE SON MANDALA

1. Une fois mon mandala démantelé c’est à moi de choisir ce que je veux faire avec le sable ou autres matériaux choisis.
2. Par exemple, je peux en garder un peu en signe de symbole avant d’aller le verser dans un cours d’eau ou dans la terre ; je peux aussi brûler les matériaux si c’est le cas, mais ne jamais les mettre aux poubelles.
3. Terminer en dédiant l’énergie créative et spirituelle du Mandala, en rapport avec mon intention, à un motif, ou une raison, ou un projet plus grand ; exemple : «
Puisse ce sable répandre la paix avec tous ceux qui m’entourent dans mon travail et ma famille ».

Merci de m’avoir permis de partager avec toi mon expérience du Mandala.

Je te donne rendez-vous dans le grand CERCLE de la VIE.

Paix et Lumière,

 

Note 1 : Rose, Eileen M. et Dalto, Abby Rose, Créer Votre Mandala de Sable, Éditions Le Courrier du Livre, Paris, 2004, p. 27.

Note 2 : Ibid, p. 23.

 

 

 

 

V8N1-2 Tribune libre unitarienne vol.8 no. 1 et 2. 2013, numéro consacré au sprirituel et/ou au religieux.