Avant propos

par Hannelore Daniel-Poncelet

Depuis 2012, la communauté unitarienne universaliste de Montréal, plutôt de langue anglaise, a décidé d’offrir des célébrations en français quatre fois par année reconnaissant ainsi les membres et amis qui parlent le français. Dans ce numéro, nous vous offrons quelques unes des réflexions énoncées lors de ces célébrations.

D’abord, nous vous invitons à la lecture de la réflexion d’Alain Pierre Bachecongi sur l’amour et la communauté. Poète à ses heures, il a su émouvoir l’assemblée avec sa belle voix et par la profondeur de sa pensée.

Ensuite, notre pasteure, Diane Rollert, nous a lancé le défi de réfléchir sur l’expression « spirituel, mais pas religieux ». C’était évident que plusieurs membres de la communauté unitarienne de Montréal, ainsi que beaucoup de francophones, dont les parents ou eux-mêmes ont quitté le catholicisme, semblaient être mal à l’aise en entendant ces mots. Ces deux mots, spirituel et religieux, évoquent pour eux sur le coup l’idée du surnaturel, concept justement auquel ils ne croient pas. Le mot « religieux », ayant aussi une relation avec le mot « église », semble encore plus difficile à prendre.

Plusieurs d’entre nous ont répondu à ce défi en envoyant leurs réflexions à notre pasteure qui les a incluses dans la sienne; et elle invita trois d’entre nous à lire nos réflexions lors de la célébration d’octobre. Ainsi, permettez-moi de les présenter en suivant l’ordre de la célébration. Il y a d’abord ma propre réflexion tirée de mon vécu, suivie de celle de Paul-André Dupont. Ma réflexion n’inclut aucune croyance à quoi que ce soit de surnaturel, tandis que celle de Paul-André n’exclut pas nécessairement le surnaturel. Noëlle Laissy transcende les concepts de religion et de spiritualité. Elle décrit le cheminement vers un mysticisme que le poète George Bataille appelle « sauvage ». Notre apprenti pasteur Curtis Murphy était empêché par ses études de présenter sa réflexion de vive voix. Donc, je l’inclue ici pour équilibrer les points de vue.

Lors de cette célébration Diane Rollert eut le dernier mot sur ce thème. Son discours inspirant nous invite à l’écoute et au dialogue respectueux laissant place à l’échange de propos à caractère spirituel. Elle cite Stuart Kauffman, « nous n'avons plus besoin d’un Dieu créateur, mais nous avons besoin de créativité, car c’est la base de tout ce qui est sacré en nous (…) c’est ce qui peut faire refleurir la spiritualité que nous avons cachée tout au fond de nous, que certains d'entre nous ont perdues ».

Maurice Cabana-Proulx, l’instigateur de ce numéro, nous a suggéré d’inclure comment Lucie-Marie Castonguay arrive à découvrir sa spiritualité en créant des mandalas selon son intuition, sa créativité et son inspiration du moment.

Bonne lecture!

V8N1-2 Tribune libre unitarienne vol.8 no. 1 et 2. 2013, numéro consacr´ au sprirituel et/ou au religieux.